Tourisme, or bleu du Pays Fouesnantais
Sept communes forment le territoire de la Communauté de communes du Pays Fouesnantais. Certaines sont maritimes, dautres rurales, mais toutes vivent de lor bleu du pays : le tourisme.
La Bretagne en miniature. Cest la première impression que laisse le pays Fouesnantais quand on sy aventure. Et cest vrai que lon retrouve avec plaisir et étonnement toutes les images dÉpinal de la Bretagne que lon pensait avoir laissées dans les livres de géographie de lécole primaire. Venant de Quimper, on traverse tour à tour des forêts coquettes, des collines. On laisse derrière nous des vieilles fermes réaménagées avec goût, mais aussi plus loin des crêperies aux enseignes aguicheuses, des biscuiteries, des cidreries, des viviers
et puis encore des rivières le bel Odet ! , des plages, dont certaines sont aménagées comme sur les vieilles affiches des chemins de fer de lOuest, des rochers, des phares, des bateaux, des pardons (cinq pour la seule commune de Fouesnant !) Et enfin des îles, celles de larchipel des Glénan.
Paysages de charme
La Communauté de communes du Pays Fouesnantais regroupe sept communes, toutes très différentes les unes des autres. Fouesnant est la plus grande. Les Glénan en font partie, mais aussi les sites de Cap-Coz, Mousterlin et Beg-Meil. Juste à côté La Forêt-Fouesnant est plus petite et plus vallonnée. Elle est notamment connue pour son site de plaisance et de course au large à Port-la-Forêt. Vient ensuite sur le littoral la commune de Bénodet, avec son casino, ses hôtels, son bord de mer aménagé. Sans doute la plus romantique des communes du pays Fouesnantais
En leur temps, Marcel Proust et Sarah Bernhard posèrent leurs malles dans la station.
Si lon senfonce dans les terres, on trouve dabord Gouesnach, au bord de lOdet, face aux châteaux. Puis Clohars-Fouesnant, Pleuven et Saint-Évarzec. Dans les terres se trouvent les plus belles propriétés, les grands parcs, les forêts aussi
Les routes sont petites et toujours charmantes, les villages dune tranquillité introuvable en bord de mer. Certains endroits méritent particulièrement le détour : citons les rives de lOdet, dune douceur déconcertante, et les collines de La Forêt-Fouesnant où se nichent des endroits précieux et oubliés de la forte fréquentation de la côte.
Alors, avec tout ça, évidemment, les visiteurs doivent venir. Effectivement, question tourisme, le Pays Fouesnantais se porte bien. Très bien même. Un seul chiffre permet de prendre la mesure de cette communauté de communes un peu à part : 20 % des touristes qui séjournent dans le Finistère pendant les vacances le font dans le Pays Fouesnantais. Un touriste sur cinq ! Et si les trois communes maritimes continuent dattirer lessentiel des touristes, les quatre autres ont su sadapter pour proposer une alternative au tout-plage. Le Pays Fouesnantais est effectivement remarquable au niveau de sa capacité daccueil, mais aussi par la qualité et la variété de ses hébergements. Bénodet, Fouesnant et La Forêt-Fouesnant regroupent à elles seules près dune quarantaine de campings, du quatre étoiles au camping à la ferme. Et cest sans compter les innombrables gîtes, chambres dhôtes, hôtels, résidences hôtelières
Ports de plaisance
Et puis il y a les loisirs. Ici, la matière première, le produit dappel, cest la mer. Des équipements touristiques se sont construits autour de cet or bleu local. Comme les ports de plaisance, à Bénodet ou à la Forêt-Fouesnant. Cest là que se trouve le seul centre dentraînement à la course au large de France. Sur les pontons, au milieu dune forêt de mâts, les petits voiliers y côtoient les trimarans de compétition les plus renommés, ceux qui gagnent les Route du Rhum et autres Vendée Globe Challenge
La communauté de communes abrite également un petit trésor : larchipel des Glénan. Une dizaine dîles et dîlots situés à environ une heure du continent en bateau. Cest là que se trouve la célèbre école de voile du même nom.
Les plages évidemment sont nombreuses et vont des petites grèves sauvages aux étendues de sable des stations balnéaires, avec équipements de restauration rapide ou point de location de kayaks de mer. Le tourisme à forte valeur ajoutée nest pas oublié sur la communauté de communes. Il existe en effet deux golfs et un casino, plus un centre de thalassothérapie sur la commune de Bénodet.
Ronan Le Coz
Un territoire en pleine ébullition
La dynamique touristique nest pas la seule expression de la vitalité du Pays Fouesnantais. Le territoire peut aussi se targuer dun fort développement démographique et économique.
Le cadre exceptionnel explique en grande partie le dynamisme du territoire. Dynamisme démographique dabord. Les derniers recensements réalisés font état dune hausse très sensible du nombre dhabitants (+ 50 % à Clohars-Fouesnant ces dernières années par exemple !). Cette évolution impose aux communes dadapter leur offre de services : les écoles sagrandissent et des projets voient le jour en matière de garde des jeunes enfants et daccueil des personnes âgées.
Vitalité économique
Le pays attire. Du coup, les entreprises se pressent aussi. Le Pays Fouesnantais en séduit beaucoup et les créations sont nombreuses. On va donc bientôt pousser les limites des zones dactivité pour y proposer de nouveaux terrains. Une grande vitalité économique qui témoigne dun territoire en pleine ébullition.
Le revers de la médaille, cest la pression foncière. Se loger sur le littoral est devenu plutôt cher. Cest ainsi que des records de prix départementaux ont été enregistrés en 2004 sur certains secteurs du Pays Fouesnantais. Pour permettre aux jeunes couples de rester au pays, les municipalités sengagent donc dans des programmes publics dhabitat, lotissements communaux avec accession à la propriété ou résidences HLM.
Par ailleurs, le développement sest accompagné dune forte poussée urbanistique dont les maires souhaitent ralentir la progression. Il ne sagit pas de sacrifier le milieu naturel qui est la principale richesse du pays. Lheure est donc à la mesure en matière de construction. Et toutes les énergies se concentrent sur la préservation de cet environnement si fragile et notamment sur la reconquête de la qualité de leau.
Martine de Saint Jan
Bénodet séduit aussi hors saison
Station balnéaire, Bénodet est toute entière tournée vers le tourisme. Si le pic de fréquentation de lété y est toujours très marqué, les séjours hors saison sont de plus en plus prisés.
Bénodet, ses plages, son casino, sa thalasso, son club Mickey
Au plus fort de la saison estivale, la locomotive touristique du pays fouesnantais voit quasiment sa population multipliée par dix. « Bénodet est une station familiale, explique Laurence Hébert, la responsable de loffice de tourisme. La commune dispose de la deuxième capacité dhébergement du département après Brest. » 6 000 places en campings, 850 en villages vacances, 750 en hôtels, 300 en meublés
auxquelles on peut ajouter 1 500 résidences secondaires et aussi les emplacements bateaux au port. Les touristes accueillis ici sont majoritairement français (70 %), la plupart des étrangers sont anglais.
Des forfaits week-ends
Une station qui vit principalement du tourisme descend-elle pour autant le rideau au déclin de lété ? « Cest vrai que lactivité est très saisonnière, reconnaît Laurence Hébert, mais elle lest de moins en moins. Avec la réduction du temps de travail, le tourisme français a adopté de nouveaux rythmes dont nous bénéficions hors saison. Bénodet a, de plus, toujours été un lieu de promenade très prisé par les locaux dès quil y a un brin de soleil, même en hiver. Par ailleurs, la thalasso draine désormais des visiteurs tout au long de lannée. »
Du coup, un gros travail est effectué pour motiver tous les professionnels du tourisme à soigner laccueil quelle que soit la période : « Loffice de tourisme montre lexemple en restant ouvert tout lhiver, signale sa directrice. Nous incitons les propriétaires de locations à proposer des formules intéressantes hors saison, comme des forfaits week-end. Avec les paysages, la gastronomie, le patrimoine de la région, le casino et la thalasso, Bénodet est une destination attractive en toute saison. »
Du côté de la Mairie, on tient à chouchouter les visiteurs : « Tout doit être parfait pour répondre à leur demande, souligne le Maire Christian Pennanech. Nous navons pas le droit à lerreur. Aussi, nous portons une grande attention à lentretien de nos installations. Nous investissons par ailleurs régulièrement dans de nouveaux équipements pour soutenir la fréquentation touristique, car cest elle qui dope notre activité économique. Tirer la station vers le haut, cest aussi contribuer au développement du canton.»
M.S.J.
À la découverte des Glénan
Larchipel des Glénan est le petit bijou du pays fouesnantais, ses îles et ses eaux sont de formidables terrains de découverte, à pied, en bateau ou en plongée.
À pied, la promenade aux Glénan se fait sur les traces de « Lulu ». Lucienne Moisan, guide animatrice nature de la commune de Fouesnant accompagne les touristes sur larchipel pour leur faire découvrir la faune et la flore îlienne et leur expliquer les actions de protection de lenvironnement qui sont menées sur ce milieu fragile. Avec elle, en crapahutant sur les rochers, on apprend aussi bien à reconnaître les oiseaux du bord de mer (goéland, gravelot, tourne-pierre
) quà adopter les bons comportements dun tourisme respectueux. Pour que les Glénan puissent continuer à vivre longtemps
Sur leau, ce sont les embarcations de lÉcole de voile des Glénan qui emmènent les apprentis navigateurs au large des îles. Cette association dapprentissage des techniques de navigation à la voile a été créée en 1947 à linitiative danciens résistants emmenés par Philippe Viannay et sest installée dabord sur lîle du Loch puis sur celles de Penfret, Fort-Cigogne, Bananec et Drenec. Aujourdhui, son siège est à Paris et lécole a des antennes jusque dans lHérault et en Corse ! Les formations proposées vont de la croisière au catamaran, en passant par la planche à voile et le dériveur. Lécole édite par ailleurs un véritable best-seller : le Cours de voile des Glénan, manuel de référence des navigateurs.
Chez les poissons
Au beau milieu de larchipel, le centre international de plongée des Glénan a élu domicile sur lîle Saint-Nicolas en 1959. Chaque année, du 1er mai au 15 octobre, le centre forme des stagiaires, débutants ou déjà confirmés, scolaires, colonies ou particuliers. Ils trouvent sous les eaux bleues de larchipel les épaves et rochers qui pimentent chaque sortie : « Il faut mettre ses belles idées à la porte avant de commencer, prévient Florence Weigele qui dirige le centre avec Laurent Cayatte. Beaucoup de gens simaginent que la plongée est un sport facile, mais quand on plonge, on nest pas chez nous, on est chez les poissons ! »
R.L.C.