René Peilloux, directeur du théâtre de Morlaix
" Construire un public "
Le Progrès-Courrier : quattendez-vous du projet de ZAC ?
René Peilloux : Dans sa configuration actuelle, le théâtre dispose dune façade très discrète. Il ny pas de colonnades, aucune mise en valeur, pas de recul. On peut passer devant sans sen rendre compte.
Second problème : les conditions daccueil du public. En cas daffluence, les gens se retrouvent massés sur le trottoir. Jaimerais que lon puisse faire vivre la façade au rythme des saisons théâtrales, au moyen dun éclairage extérieur qui permettrait de redécouvrir le bâtiment tous les quatre mois. Il serait bon de faire vraiment signe aux habitants que ce théâtre est là.
En attendant, comment le théâtre vit-il sa renaissance ?
Le théâtre a rouvert en décembre 2002. Mes deux missions sont de diffuser les spectacles et de contribuer à leur fabrication. Je souhaite accueillir des équipes diversifiées. Notre projet artistique est exclusivement dédié au théâtre, mais en variant les plaisirs. La salle est parfaitement adaptée aux spectacles fondés sur lintimité avec le spectateur. Jusquen 1996, en revanche, le théâtre avait accueilli aussi bien des variétés (Michèle Thor, Guy Bedos), que des spectacles de fin dannée des écoles ou des remises de médailles. Qui na pas joué ou dansé sur la scène du théâtre de Morlaix ? Le lieu est aimé des Morlaisiens. Ils se le sont appropriés. En le rouvrant, on a répondu non à un certain nombre de demandes.
Quels sont vos options personnelles ?
Jai choisi de travailler tout au long de lannée et de la diviser en trois volets de quatre mois. Cela permet une plus grande réactivité. Quand une compagnie crée en début dannée, elle ne peut jouer que chez son coproducteur et perd une saison. Notre organisation est plus souple. Jai vu un spectacle en février, il ma plu, je lai accueilli en mai.
Autre idée force : ne pas fonctionner par abonnement. Tant pis pour le confort de trésorerie. Il faut construire un public, tisser des liens à long terme. Nous devons être assez forts pour aller chercher les gens. A chaque nouveau spectacle, il faut convaincre.
Propos recueillis par Olivier Boyer
Renaissance dun trésor culturel
Le théâtre du Pays de Morlaix a été officiellement rouvert le 12 décembre 2002, près de sept ans après sa fermeture pour impératifs de sécurité. La coupole du toit sétait affaissée de plusieurs centimètres. La rénovation a été très largement subventionnée : Conseil général, Conseil régional, ministère de la Culture, fonds européens. Ce théâtre à litalienne a vu le jour en 1888, sur lemplacement de la sous-préfecture, grâce au legs effectué par un homme politique local, le comte Ange de Guernisac, à la Ville de Morlaix. Un an suffit à la maison Henri Diosse et fils de Lyon, spécialisée dans la fourniture de théâtres " clés en main " pour construire et aménager le bâtiment. " Sur une parcelle difficile en parallélogramme, le plan de larchitecte Charpentier savère rigoureux et très adroit ", commente Actualité de la scénographie (janvier 2003) qui poursuit : " La façade est sobre, assurant une expression urbaine monumentale tout en respectant la position sur la rue de Brest. La salle a la même rigueur de composition. "
La rue de Brest dhier à aujourdhui
Dans les années 1950, se souvient Jacques Crépin à la CCI de Morlaix, " rue de Brest, il y avait des garages " : Simca et Renault-Huitric, notamment. Mais aussi un autre établissement, made in USA celui-ci, équipé dune station service et dont lenseigne était fameuse à lépoque : Caltex (comme California Texas), situé en face de lactuel Intermarché. Dautres lieux clés remontent à la surface : lHôtel-restaurant de la Poste avec le bar LEstaminet, la Maison de la presse. " Cétait une rue très animée. En ce temps-là, les zones dactivités nexistaient pas. Les commerces de gros étaient en ville : quincailliers, épiciers, marchands de vin
", expliquent Jacques Crépin et Philippe Bozellec, également membre de la CCI. Il y avait aussi les transports Berthemet (messagerie, déménagement). " Le centre ville abritait alors de nombreuses activités de négoce. Aujourdhui, elle accueille plutôt des services et du commerce de détail. " Lactivité " forte et variée " de la rue de Brest a décliné avec les transferts en périphérie dune partie des principaux acteurs commerciaux. Les concessions automobiles ont pris la direction de la Croix-Rouge. Côté supermarchés, la rue de Brest a volontiers pratiqué le jeu des chaises musicales. Tout le monde se souvient du porche de lancien Leclerc, relocalisé depuis en périphérie, et plus encore de la pente au sortir de ses caisses qui risquait de transformer les caddies de victuailles en wagonnets fous au débouché dun tunnel minier. Un peu plus loin du centre, toujours sur la rue de Brest, Intermarché a succédé à deux précédentes enseignes : Stock puis Champion. Dans le cadre du projet de ZAC, Jacques Crépin verrait dun bon il la création de nouvelles places de stationnement. Rien ne vaut en effet un agréable cheminement piéton pour parvenir en douceur au cur de la cité du Viaduc.
O.B.
Marthe Le Clech raconte...
La très active vie commerciale passée de la rue de Brest est soigneusement retranscrite au fil des ouvrages de Marthe Le Clech (1). Impossible dêtre exhausif dans ces colonnes. Il nous faudrait reproduire lensemble des pages érudites de lhistorienne morlaisienne. Il est certain que la rue qui nous intéresse ici fut riche en travaux dimpression. " En 1873, la librairie et limprimerie Haslé sont transférées au 36 rue de Brest dans limmeuble que Monsieur Joncour a loué à Monsieur et Madame Haslé, par bail du 25 octobre 1873 ", écrit Marthe Le Clech. On trouve également trace dun journal Ar Wirionez (La Vérité), dont Madame Haslé devint actionnaire et dont elle dirigea limprimerie jusquen 1884. " Le 2 décembre 1884 (
), Gabriel-Yves-François-Marie Le Bail, agissant en qualité de directeur de la Société Ar Wirionez vend à Alexandre-Marie Le Goaziou et à son épouse Antoinette Le Guilloux, le fonds de commerce dimprimerie et de lithographie situé à Morlaix, 36 rue de Brest, ainsi que le journal Le Morlaisien qui en dépend (
) ", indique Marthe Le Clech. Le 19 décembre 1885, Julien Letréguilly indique dans Le Morlaisien quil a acquis limprimerie Le Goaziou, 36 rue de Brest.
Autre imprimeur : François Hamon. " Le 15 octobre 1898, dans lhebdomadaire quil imprime Le Réveil Morlaisien, le maître imprimeur avise sa clientèle quil a transféré ses ateliers 19 rue de Brest près de la poste " (et en face de lHôtel du Commerce), écrit Marthe Le Clech. En 1904, limprimerie est fixée au 36 rue de Brest. " Les presses déménagent à la mi-septembre 1938 et sont installées au n° 18, en face de la Poste dans deux immeubles transformés où souvre aussi un magasin de papeterie et darticles de bureau et décoliers ", poursuit-elle.
Le commerce du bois a été florissant à Morlaix pendant des siècles. En 1881, létablissement Joncour Frères (Tonnellerie, Bois du Pays et Salaisons dAmérique) est implanté au 56 rue de Brest. " François Joncour, outre la vente de tonneaux, de bois de chauffage et de charbon, était exportateur de lard dAmérique ", précise Marthe Le Clech.
Pas question doublier la torréfaction et la vente du café. " André Lahellec obtint, le 29 novembre 1926, lautorisation préfectorale dinstaller un torréfacteur industriel dans un hangar, 58 rue de Brest, en bordure du Queffleuth ", indique lhistorienne. Impossible également dignorer limpact de lhôpital. " Le 12 mai 1946, on put sinstaller dans le nouvel établissement. Lautre édifice était, depuis 1845, devenu, partiellement sans doute, dispensaire, cest-à-dire établissement de soins pour femmes atteintes de maladies vénériennes. Il fut transformé plus tard en buanderie (démolie en 1979). Lemplacement est occupé aujourdhui par un parking municipal ", rappelle Marthe Le Clech. Lasile, annexe de lhospice civil, connut plusieurs agrandissements. Il est vrai que le nombre de patientes hospitalisées passa de 104 en 1840 à 509 en 1902 et 910 en 1933. " Fin décembre 1970, lhôpital général de Bélizal souvrit ; la première pierre avait été posée par le Premier Ministre Georges Pompidou le 26 janvier 1967. La capacité (1371 en 1971) et les conditions daccueil de lhôpital psychiatrique en furent améliorées ", explique Marthe Le Clech.
Marthe Le Clech : " Bretagne dHier : Morlaix ", tomes iv et v.
ZPPAUP : un outil pour le patrimoine
"Derrière le sigle peu avenant de ZPPAUP (Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager) se cache un outil qui a pour ambition dêtre à la source du projet de patrimoine dun territoire donné, écrit Lorenzo Diez, architecte et urbaniste de lEtat, architecte des bâtiments de France. Loin de la dérive du tout-patrimoine, cet outil permet, partout où la collectivité le souhaite, de relever les caractères qui fondent lidentité dun lieu. "
Morlaix abrite un patrimoine historique remarquable avec pas moins de 22 monuments historiques classés ou inscrits. Par ailleurs, 150 maisons à pans de bois sont classés " bâtiments remarquables " (1). Cest pourquoi la municipalité morlaisienne a décidé de se doter dune ZPPAUP à linstar de Quimper. Ce nouveau règlement a été élaboré par la Ville en partenariat avec larchitecte des bâtiments de France. La ZPPAUP est une servitude dutilité publique qui est annexée au document durbanisme et qui simpose à lui. Dans les faits la ZPPAUP se substitue aux anciennes servitudes de protection des abords des monuments historiques et à la règle bien connue du périmètre de 500 mètres autour des monuments historiques. Elle institue des " périmètres raisonnés " adaptés à chaque site, quartier ou édifice à lintérieur desquels les travaux de construction, démolition, déboisement, transformation, modification de laspect des immeubles sont soumis à recommandations ou prescriptions particulières. Lapplication de ce règlement est assurée conjointement par le service de lurbanisme de la Ville et larchitecte des bâtiments de France.
Avantages fiscaux
En encourageant la rénovation immobilière grâce à des avantages fiscaux (loi Malraux), la ZPPAUP favorise lhabitat, les propriétaires sengageant à louer à lissue des travaux.
A Morlaix, explique Martial Bertrand, responsable du service urbanisme, le périmètre de la zone comprend notamment " le centre historique médiéval et ses extensions du XIXe (quartier de la gare, rues Gambetta, de Paris, de Brest, Villeneuve
; le bourg de Ploujean et des espaces naturels tels que les côteaux des rivières et les grands secteurs boisés ". A ses yeux, le grand mérite de cet outil est pédagogique : " Les règles sont connues à lavance alors quavant certains pensaient que les décisions se prenaient à la tête du client. La réglementation a été clarifiée, mais lon na pas rajouté une couche supplémentaire ".
Parallèlement, la Ville de Morlaix poursuit ses interventions sur les logements insalubres et certaines copropriétés dont les parties communes sont très mal entretenues.
O.B.
Source Morlaix Mag (mars 2004).
Les " Carrés " 2004 : trois entreprises à lhonneur
SA Castel, Les quatre saisons et A fer et à flots : voilà le palmarès 2004 des " carrés de la performance, de linnovation et du partenariat ".
Lédition 2004 des " carrés de la performance, de linnovation et du partenariat " sest tenue, jeudi 15 septembre, dans les locaux de la Chambre de Commerce et dIndustrie de Morlaix. Pour cette neuvième édition, les clubs dentreprises du pays de Morlaix et des pays du Léon ont récompensé une fois de plus le talent des hommes et des femmes de la région.
A noter que cette édition 2004 était empreinte dune saveur particulière, puisquil sagissait de la première cérémonie pour Initiatives, club dentreprises du pays de Morlaix, anciennement appelée association bretonne des créateurs et dirigeants dentreprises (Abcde).
Placée sous le parrainage de Marc Lamidey, PDG de Brit Air, cette neuvième édition sest révélée être " un grand cru ". Jacques Jézéquel, le président de Initiatives Club dentreprises du pays de Morlaix, sest dailleurs réjoui de lévénement qui " participe au dynamisme de la région ".
Soixante entreprises en lice
Cette année, soixante entreprises étaient en lice. " Sélectionnées de façon interactive par un jury, à travers des échanges didées, des témoignages et des concertations, les lauréats ont été choisis par élimination ", précise Jacques Jézéquel. Au final, trois sociétés, toutes issues du paysage économique local, ont été récompensées selon trois critères : la performance, linnovation et le partenariat.
Marc Lamidey, le parrain, a pleinement approuvé les trois critères, quil sest empressé de comparer aux caractéristiques de son entreprise. " Créer un aéroport où aucun avion commercial ne se pose relève de la performance. Linnovation est nécessaire pour pallier ce handicap. Et le partenariat est un élément fondamental, à la base du métier de transporteur. "
Trois récipiendaires ancrés dans le pays
Dans la catégorie innovation, le " carré " est revenu à la société Les quatre saisons, spécialisée dans la production et la commercialisation de confitures. Située à Locmaria-Berrien, la société de Franck Levillain produit 12000 pots de confiture par jour. En 2003, elle a mis sur le marché " Breizella ", une pâte à tartiner déclinée en sept saveurs, qui vient de recevoir le label 2004 Produit en Bretagne.
Le Carré de la performance a été remis à SA Castel, implantée à Landivisiau. Les membres des clubs dentreprises ont en effet tenu à reconnaître le développement exemplaire de cette société, dirigée par Bruno Madec, qui est passée dune activité artisanale à une unité déquipements industriels et agroalimentaires parfaitement rôdée.
Enfin, le Carré du partenariat est revenu à lassociation A fer et à flots qui propose une forme de promotion touristique innovante. Très bonne illustration du partenariat, ce projet est devenu réalité grâce à limplication et au travail en réseau de nombreux acteurs (publics, privés et bénévoles).
E.G.
La CAPM lance le SCoT
La Communauté dagglomération du pays de Morlaix vient de lancer le Schéma de cohérence territoriale (SCoT).
Fini le Schéma directeur daménagement et durbanisme, place au Schéma de cohérence territoriale. A létude depuis 2001, le SCoT fait son apparition sur la Communauté dagglomération du pays de Morlaix. Une volonté commune des élus et des partenaires locaux.
Institué par la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains de 2000, le SCoT présente, à léchelle intercommunale, les grandes orientations durbanisme et daménagement du territoire. " Le chantier démarre. Le SCoT se veut engageant et pour une longue période, prévient Yvon Hervé, président de la CAPM. Il se veut rassembleur autour dun grand projet et solidaire dans son cheminement pour une recherche déquilibre. "
Et Bernard Bizien, responsable de la Commission Aménagement de lEspace, Habitat et Transports, de rajouter : " Ce ne sont plus des intentions, cest un document dans lequel nous voulons rassembler toutes les problématiques du territoire dans une seule stratégie politique. "
Elaboré par la CAPM, le SCoT concerne les 28 communes pour une superficie de 680 km2. Il sinscrit dans une logique de développement et de gestion durables des territoires, qui visent à orchestrer de manière harmonieuse et pertinente la croissance économique, la protection de lenvironnement et la cohésion sociale. " Un enjeu davenir, même sil peut paraître ambitieux ", précise Yvon Hervé.
Concertation autour dun Projet daménagement et de développement durable
Le Schéma de cohérence territoriale va servir de cadre de référence pour toutes les politiques publiques menées dans lagglomération en matière dhabitat, de déplacements, déquipements et services, de commerces, denvironnement et plus généralement en terme dorganisation de lespace.
Depuis sept mois, Dominique Le Moullec, chargée de mission, planche sur le dossier. La première phase, jusquà décembre, sattache à " établir un diagnostic, à partir dune analyse dynamique du territoire ". Pour ce faire, la CAPM lance des ateliers thématiques, lieux de discussion et de débat, en réunissant les " forces vives du territoire ".
De cette étape préalable va ensuite découler le Projet daménagement et de développement durable, dès janvier. Etape pivot du SCoT, le PADD définira les priorités et proposera un scénario opérationnel. En 2006, le document dorientation finalisera le tout, apportant des précisions sur les lieux, les politiques daménagement et de développement, les protections, les équilibres à respecter
La mise en uvre du SCoT prévoit également une participation renforcée du public, à travers la mise en place dune concertation et la réalisation dune enquête publique en octobre 2006. Les habitants pourront donner leurs avis dans les registres mis à disposition dans chaque commune, au siège de la CAPM ou sur son site Internet.
Emmanuelle Gourvès
Une gendarmerie maritime à Plougasnou en juin 2005
La brigade de gendarmerie maritime sinstallera au port du Diben à Plougasnou en juin 2005. En attendant louverture des locaux administratifs, le maire de la commune et le commandement du groupement de gendarmerie maritime de lAtlantique ont procédé à la pose de la première pierre des huit pavillons de type 5 destinés au logement des huit gendarmes et des familles. La création dune brigade maritime répond à un manque sur le littoral de la côte Nord-Bretagne entre Saint-Brieuc et LAber Wrach. La nouvelle brigade qui sinstallera dans lancienne maison des chantiers Rolland au port du Diben disposera dune nouvelle vedette de vingt mètres actuellement en construction au chantier de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Ses missions sont vastes : police générale côtière et en mer, police judiciaire, administrative et militaire, police des pêches et de la navigation, défense du territoire, lutte contre les trafics, secours en mer
Elle devra lutter contre les nouveaux dangers venus de la mer : immigration, trafic de drogue et menaces terroristes. Son rayon daction ira de lîle dOuessant à la baie de Saint-Brieuc. La brigade sera ouverte au public pour des informations telles que la réglementation pour la plaisance, les plaintes pour vols
Les gendarmes seront placés sous le commandement de ladjudant chef Pascal Trecant qui arrive de Guyane.
Ch.V.