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Dernière mise à jour:
30/07/2010 |
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> Les atouts de Concarneau
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Concarneau grandit ! Lédification dun nouveau quartier, la zone daménagement concerté (Zac) de Kerauret, témoigne de la vitalité et du pouvoir dattraction de la Ville bleue. Sur 26 hectares, dont 22 urbanisables, 470 logements et maisons accueilleront plus de 1 300 habitants.
Cest un véritable nouveau quartier qui est en train de voir le jour à Concarneau, entre la route de la Forêt-Fouesnant et la plage des Sables-Blancs. Il devrait offrir son visage définitif en 2006. La Zac de Kerauret est actuellement le dossier majeur traité par lOffice public daménagement et de construction (Opac) de Quimper-Cornouaille. Il symbolise également la volonté de la municipalité concarnoise de mettre en uvre une politique de mixité sociale. Les actions de réhabilitation dimmeubles en centre-ville ont le même objectif. Dans une ville où le prix de limmobilier flambe, il est important de garder la porte ouverte à tous. Kerauret est le fruit dune recherche déquilibres. 53 % des logements seront collectifs, 10 % semi-collectifs, 37 % individuels. Le site accueillera deux foyers : Papillons blancs (25 chambres) et Foyer des jeunes travailleurs (FJT) Trévidy (12 chambres et 12 logements locatifs collectifs). Il abritera également la concession Citroën. 650 m2 de surfaces commerciales seront disponibles en cur de Zac. Deux terrains actuellement non affectés laissent aux opérateurs de la Zac une marge de manuvre. Loffre est extrêmement variée, et cétait lobjectif : 116 lots libres (au nord et au sud de la Zac), 80 logements locatifs publics, deux îlots en location-accession (21 pavillons au total), trois îlots de logements en accession : Logis Breton (2 immeubles collectifs de 15 et 9 logements), Espacil (ensemble résidentiel de 57 logements) et General Foy Investissements (immeubles collectifs de 60 logements et 16 pavillons). Le cadre est particulièrement séduisant. En contrebas, la plage des Sables Blancs est accessible à pied. Le bocage a été préservé et même complété. Laménagement de la Zac de Kerauret est aussi loccasion de mettre en valeur le Vallon des Zins, appelé à devenir un espace vert de proximité. Un cheminement piétonnier sera réalisé en crête de la rive droite du vallon. Côté circulation, une voie primaire va drainer le site dest en ouest. Elle sera réalisée sous forme dun mail, planté de part et dautre darbres dalignement, dimensionné pour le transit des véhicules vers la zone durbanisation future située entre le projet actuel et la voie ferrée, le plan local durbanisme de Concarneau ayant prévu une extension potentielle de développement urbain dans ce périmètre. Une voie secondaire nord-sud permettra dassurer pour les futurs habitants de Kerauret laccès au groupe scolaire du Dorlett et éventuellement au secteur des Sables Blancs. La ZAC sinscrit dans une politique globale pilotée par ladjoint au maire de Concarneau responsable de lurbanisme, Claude Stéphan. Plusieurs opérations ont été récemment menées à bien par lOpac : rue de Lanriec ; Le Poteau Vert-La Croix Neuve ; rues Jean Bart, Joseph Berthou et Colonel Moll ; Kérancalvez
" Le prix du foncier est parmi les plus élevés de louest. Cela prouve que la commune est attractive, mais nous tenons à ce que les familles à revenus limités puissent sinstaller ici ", affirme lélu. Tous les lots à 53 euros le mètre carré ont trouvé preneur. Il ne restait, début mai, que quelques lots à 69 euros le m2. Dici à la fin de lannée, tout sera parti. Jean Le Gars, architecte responsable du service technique de lOpac, et Grégory Merda, responsable des ventes, deux des chevilles ouvrières de lopération, se disent impressionnés par cette " extraordinaire cadence de vente ". Ils se félicitent aussi davoir " respecté lun des souhaits de la municipalité " : permettre à de jeunes couples concarnois de rester dans la Ville bleue. Olivier Boyer
" Nous sommes habitués aux mutations "
Gilbert Le Bris, député-maire
Ceux qui ne connaissent pas Concarneau ont généralement deux images en tête : le port de pêche et la Ville Close. " Cette représentation est correcte, mais elle sous-estime limportance de la construction et de la réparation navale qui sont devenus des facteurs dévolution très forts ", indique le député-maire de Concarneau. " Pour ce qui est du tourisme, le caractère exceptionnel de la Ville Close est évident, mais il ne faut pas oublier les plages, le port de plaisance au cur de la ville, la mer un peu partout ".
Concarneau, 3e ville du Finistère, est aujourdhui en pleine mutation. " Nous y sommes habitués ", explique le maire. " Concarneau a toujours su évoluer sans perdre ses traditions. La ville avait aussi besoin dune grande mutation urbanistique et esthétique ". Quid du faible succès des transports collectifs dans la cité ? " Lavenir appartient aux transports en commun. Nous avons mis en place un réseau qui prend toute sa mesure en été avec la navette gratuite mais aussi tout au long de lannée avec les dessertes scolaires, affirme Gilbert Le Bris. Lutilisation quotidienne de cette offre de transports en commun est relativement restreinte mais elle se développera ". Concarneau grandit. Elle compte aujourdhui plus de 20 000 habitants, beaucoup plus quen 1999, date du dernier recensement. " Notre ville est très attractive ", constate le député-maire. " Mais nous voulons préserver son charme. Pas question dautoriser des constructions en hauteur sur la corniche. Nous préparons la révision du plan local durbanisme (Plu). Nous veillerons à ce que le développement urbain profite à tous et garantisse léquilibre entre les quartiers ". Concarneau est en quête despace pour accueillir de nouvelles activités. Cette démarche, dont lélaboration du Plu est un élément clé, sinscrit dans un cadre plus large, celui de la Communauté de communes Concarneau Cornouaille (4C), voire celui de la Cornouaille tout entière. Sur le plan commercial, la ville a longtemps souffert dun excès de saisonnalité. " Tout ceci est en train de changer, explique le maire. Notre objectif est doffrir une réponse aux attentes des consommateurs dans tous les domaines. Nous sommes en train de reconquérir notre propre clientèle. " Ce développement commercial concerne également le centre-ville. La réfection des Halles a servi délément moteur à un programme plus global de revitalisation. Malgré son remarquable pouvoir dattraction, Concarneau sefforce de préserver une " mixité sociale " en ses murs. En clair, pas question que la flambée immobilière actuelle fasse de la cité un lieu de rendez-vous pour riches retraités. " La ville se développe en périphérie, nous voulons également quelle se densifie en son centre ", indique Gilbert Le Bris. Comment le député-maire imagine-t-il Concarneau dans dix ans ? " Ce sera une ville qui comptera environ 23 000 habitants, qui, je lespère, aura conservé ses activités économiques, qui aura élargi son registre dans les domaines de lagroalimentaire ou des services et qui aura gardé son authenticité et sa qualité de vie ".
Pour réussir tout cela, il faudra que lesprit concarnois joue à fond. " Nous sommes décrits comme les méridionaux de la Bretagne ", conclut Gilbert Le Bris. " Enjoués, râleurs, sincères, fidèles, attachants, francs comme le sont les gens de mer ". O.B.
" Notre ville change de dimension "
Dany Bellour (adjointe aux affaires économiques)
Le projet dimplantation dune zone technique petite pêche et plaisance quai des Seychelles, face au slipway (1), constitue lun des dossiers majeurs actuellement traités par ladjointe au maire, responsable des affaires économiques, Dany Bellour, en étroite relation avec, notamment, Christian Mingam, délégué au tourisme, au nautisme et au port de plaisance. Parmi les besoins dores et déjà recensés : limplantation dun engin de levage, une station-service 24h/24 et une aire de carénage. " Nous sommes en train détudier les accès avec le Conseil général ", explique Dany Bellour. " Une telle structure nous manquait, explique ladjointe au maire. Elle peut aussi induire larrivée dentreprises porteuses dactivités complémentaires ". Plus généralement, la municipalité est en quête de marges de développement. " Notre ville est en train de changer de dimension et il nous faut trouver de lespace, affirme Dany Bellour. Il est indispensable de créer des zones communautaires pour accueillir les entreprises. Pour opérer des choix, nous sommes en attente dune possible réduction du périmètre Seveso II. " La Ville bleue nen finit pas de bouger. La municipalité ne tourne pas pour autant le dos aux activités qui ont fait la réputation de Concarneau. Dany Bellour observe avec attention le pari que tentent de relever les actionnaires de la Société darmement à la pêche concarnoise (SAPC). " Nous croyons beaucoup en cet armement, explique lélue. Ce sont des acteurs locaux et ils espèrent agrandir leur flottille ". Ladjointe au maire évoque pour finir le " fonctionnement familial " de la zone portuaire, animé par " des décideurs qui ont grandi ensemble ". Cette solidarité portuaire, particulièrement marquée lorsque létranger, surtout lorientais, pointe le bout de son nez, constitue un atout appréciable. " Beaucoup de ports nous lenvient ", sourit Dany Bellour. O.B.
Avertissement
Ce dossier a pour vocation de proposer à lensemble des Finistériens une vision globale des enjeux qui conditionnent lavenir économique de Concarneau (pêche, mais aussi urbanisme, tourisme et commerce). Il na pas pour objectif de traiter dune manière exhaustive le dossier du devenir du port, dans le cadre notamment de sa future décentralisation, ni de décrypter les mouvements capitalistiques qui concernent une partie des armements, ni de détailler le rôle clef que jouent des structures telles que lInterprofession du port de Concarneau (IPC) qui regroupe une cinquantaine dentreprises employant un millier de salariés pour un chiffre daffaires de 115 millions deuros , et la Société dexploitation des moyens de carénage (Semcar) qui gère les principaux équipements du port (élévateur de 2000 tonnes, slipway de 350 tonnes et cale sèche). Chacun de ces éléments décisifs pour la vie économique concarnoise représente un dossier en soi
et sera traité comme tel en temps opportun. O.B.
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Criée : dynamisme et inquiétude
Cest à six heures précises que commence la vente de poissons sous la criée de Concarneau. Un monde à part, essentiellement masculin comme il y a soixante ans. Ce matin, une bonne vingtaine de mareyeurs et représentants de magasins de marée se rassemblent autour des caisses de poissons remplis de cabillauds, sabres, grenadiers ou merlans au total une trentaine despèces , des poissons pêchés dans les hauts-fonds au nord et à louest de lEcosse par les chalutiers semi-industriels concarnois. Comme toute chose, la criée sest modernisée
La vente aux enchères commence dès larrivée de la mobiclock, sorte de machine-vélo couplée à un ordinateur, utilisée par le crieur qui ne porte plus très bien son nom. Car le crieur ne déclame plus son jargon hermétique. Il affiche en lettres rouges les prix, les tonnages et la provenance du poisson sur lécran noir de sa mobiclock Munis dun émetteur, les clients achètent les lots dûment identifiés durant la nuit à la sortie des cales des bateaux. " La mobiclock est très pratique ", confie le directeur de la criée, Yves Guirriec. " Les données sont centralisées par lordinateur. Cest un gain de temps considérable. " Au même moment, à lautre bout de la criée, on vend les produits de la pêche côtière et artisanale. Ce matin, plusieurs tonnes de poissons sont exposées ainsi que des crabes et de la langoustine. La saison de la petite bête rose vient tout juste de débuter. Elle se terminera vers la mi-juillet. Une bonne cinquantaine de commerçants ambulants venus, pour les plus courageux, de Brest ou de Mûr-de-Bretagne, font leur marché équipés eux aussi dun émetteur pour faire leurs enchères. " Les commerçants apprécient ces horaires car ils achètent du poisson frais ", indique Yves Guirriec. La chute des tonnages au fil des années due en grande partie à la baisse importante du nombre dunités de pêche semi-industrielle immatriculées à Concarneau, inquiète les professionnels. Laccélération récente des mouvements capitalistiques, souvent peu lisible par les non-initiés, na rien fait pour réchauffer lambiance sur les quais. Pas plus que le projet de casse des trois thoniers de Comasud évoquée fin avril dans la Ville bleue. Isabelle Calvez
" On ne se résigne jamais ! "
Jean-Pierre Salaün (président du Comité local des pêches)
La société darmement à la pêche concarnoise (SAPC), constituée par plusieurs acteurs économiques portuaires, parmi lesquels Jean-Pierre Salaün, président du Comité local des pêches, pour maintenir la flottille hauturière, a acquis son troisième navire fin 2003. La SAPC apporte une lueur despoir pour le port et la criée de Concarneau.
" Il ne faut pas se voiler la face, la situation du port nest pas des meilleures ", euphémise Jean-Pierre Salaün. " Mais depuis un an, on a réussi à freiner, à maintenir un tonnage. Le problème, cest que à cause des règlements communautaires, les gens naviguent à vue. Ils sont dissuadés dinvestir ou de reprendre un bateau. La pêche nattire pas les capitaux. Chez nous, il ny a pas de rentabilité à deux chiffres ". Dommage, poursuit-il, parce que " quand un armement à la pêche se développe, ça crée de lemploi et du pouvoir dachat, mais peu de gens pensent à ça ". Jean-Pierre Salaün lui y pense, et cest la raison pour laquelle il sest lancé dans laventure de la SAPC, une initiative résolument offensive, anti-résignation, anti-fatalité. " Tous les actionnaires sont Concarnois et exercent une activité liée à la mer ", rappelle le président du Comité des pêches. " Chacun en retire la satisfaction de faire quelque chose pour son port ". Ces trois chalutiers, achetés doccasion, symbolisent un état desprit. " Notre atout, cest cette forme de citoyenneté économique, alors quil ny a rien de plus facile à délocaliser quun armement à la pêche ". Lamour que nourrit Jean-Pierre Salaün pour son port ne le rend pas aveugle pour autant. " Dans le Pays bigouden, il y a une fierté, un esprit dentreprise artisanal. Chez nous, lécole cétait la pêche semi-hauturière et après on se mettait à son compte. A Concarneau, on avait plutôt un esprit de salarié ". Jean-Pierre Salaün perçoit la récente stabilisation du tonnage avec un certain recul : " A la limite, ça ne pouvait pas tomber plus bas ! Lancien modèle concarnois ne fonctionne plus. Avec mes actionnaires, on aimerait continuer à acheter du bateau, mais il nous faut trouver de largent. " Sachant que les subventions expirent à la fin de lannée. Et puis, il y a le problème des équipages. " Cest difficile de trouver des marins dans une civilisation de loisirs ", ironise Jean-Pierre Salaün, qui nest pas avare danecdotes sur le sujet. Avant toute chose, le président du Comité local de pêche se refuse à envisager que Concarneau puisse devenir une espèce de port musée, où la plaisance aurait effacé la pêche professionnelle. " Je ne sens pas de volonté politique efficace ", regrette Jean-Pierre Salaün. " On attend de nos élus quils portent nos projets ". A ses yeux, en revanche, la CCI a fait " de très gros efforts concernant les frais de débarquement ". Mais ce nest pas suffisant pour attirer les bateaux de lextérieur. " Chacun a ses habitudes portuaires ", constate Jean-Pierre Salaün. " La seule chose qui peut attirer, cest le prix du poisson pratiqué. Sans bon prix, aucun bateau ne vient ". A la SAPC, Jean-Pierre Salaün sefforce de proposer des salaires corrects. " Nous avons créé un nouveau modèle où les actionnaires nattendent pas de retour financier. Pendant les premières années, il ny aura pas de versement de dividendes ", explique le président du Comité local des pêches. " Cette société est née dune idée simple ; nous en avions ras le bol de voir décliner le port ! Ici, on ne baisse pas les bras, on ne se résigne jamais ! ". Olivier Boyer
Un travail de fond sur lavenir du port
Alain Schlesser (directeur général de la CCI de Quimper)
Dans son bilan 2003 de " Cornouaille, port de pêche ", la CCI de Quimper constate que le port de Concarneau " présente une nouvelle fois des chiffres à la baisse du fait de la vente ou de la délocalisation de bateaux semi-industriels ". La baudroie, léglefin, le cabillaud et la sardine sont les principales espèces débarquées en tonnage, mais " on oublie souvent que la pêche côtière est aussi une activité importante de la criée de Concarneau avec 2 300 tonnes débarquées pour 2,6 millions deuros ". Avec un tonnage global de 14 500 tonnes en 2003 (-12 % par rapport à 2002), le port de Concarneau reste un poids lourd
en perte de vitesse. En fait, il semble que lon assiste dune part à un certain effet de seuil (avec une baisse globale désormais relativement contenue) et dautre part à la confirmation dun changement de modèle. Les pêches artisanale et côtière ne se portent pas mal. La bolinche tient bon. En revanche, la pêche semi-industrielle qui a longtemps symbolisé la vitalité du port poursuit son repli. Dans le même temps, le thon tropical donne actuellement satisfaction. Il reste quen dix ans, le quartier maritime a perdu un tiers de ses marins-pêcheurs et de ses navires. Comment ne pas voir ses absences dans le paysage ?
" Nous croyons que la baisse est maintenant enrayée ", affirme le directeur général de la CCI de Quimper, Alain Schlesser. " Certains systèmes de pêche ont été remis en question, mais pas le port dans son ensemble. Il faut éviter tout amalgame ". Le DG de la CCI souligne la " grande bouffée doxygène " apportée par la SAPC, tout comme, plus globalement, limportance locale du mareyage. " Ne soyons pas pessimistes. Nous avons réglé le problème des dockers. Par ailleurs, la construction navale constitue aujourdhui le deuxième pilier du port ", poursuit Alain Schlesser. " Le port devrait se stabiliser entre 15 et 17 000 de tonnes, avec beaucoup de produits à forte valeur ajoutée ".
Concernant le dossier de la décentralisation du port, des études ont été cofinancées par le Conseil régional et le Conseil général. " Le port sera départemental ", rappelle Alain Schlesser. Pour faire avancer les choses, une réunion mensuelle en préfecture regroupe tous les acteurs du dossier. Les menus sont copieux : sécurité, travaux sur le plan deau, utilisation de la cale sèche et des engins de carénage, interface ville-port. " Nous pilotons ensemble un projet pour demain, à linstigation de Jean-Yves Labbé ", indique Alain Schlesser. Le dossier du parking (et des bâtiments) est également à lordre du jour. Lexistence de cette emprise foncière bien placée pourrait à terme permettre la mise en uvre dun projet structurant pour la ville de Concarneau, marquant la vocation balnéaire de la Ville bleue. " Nous souhaitons que la cession du terrain par lEtat favorise une restructuration et une recapitalisation du port ", explique le directeur général de la CCI de Quimper. " Concarneau est en mesure de devenir un pôle touristique fort, conclut-il. Nous menons avec les acteurs concarnois un travail de fond pour tracer lavenir du port. Certains problèmes structurels ont été réglés, dautres sont en passe de lêtre, notamment grâce à la décentralisation ". O.B.
" Concarneau est un atout "
Guy Cotten, Pdg de la marque labri du marin.
"Jamais je ne me serai installé ailleurs quici ". Ici, cest Concarneau, le berceau de Guy Cotten, cet homme de 68 ans, qui, depuis 1964, tient à bout de bras une des plus grosses entreprises concarnoises. Bien que né à Saint-Yvi, " dans la campagne ", cest la mer et plus précisément lactivité portuaire qui lont toujours intéressé. " Concarneau est un atout compte tenu de notre activité. Quand on fabrique des vêtements de mer, mieux vaut être près des marins, des plaisanciers. Et qui, dans le milieu maritime, ne connaît pas le port de Concarneau ? Cela nous apporte un plus surtout à lexport ".
Guy Cotten a toujours le regret de navoir pas pu installer son entreprise sur les quais. " A lépoque, on estimait que mon activité nétait pas assez maritime pour cela ". Il sest donc contenté en 1971 dun terrain à Pont-Minaouët, la frontière entre Concarneau et Trégunc. Mais sont cur est bien à Concarneau. Dailleurs, dès quune opportunité sest présentée, il a acquis un terrain au Moros où lun de ces ateliers a été construit, atelier transformé ensuite en magasin. Concarneau et Guy Cotten vont donc main dans la main depuis belle lurette. Et celui qui a lancé le ciré jaune est fier de porter les couleurs de la ville bleue. Cest dans cet esprit quil a lancé il y a neuf ans maintenant la baignade des otaries, le jour de la saint Sylvestre, " pour montrer que lon pouvait se baigner même en hiver ". Avec des maillots isolant Cotten ou sans, selon que lon est frileux ou pas ! Une manifestation qui a eu les honneurs des médias, télés comprises. " Une publicité pour nous, certes, mais pas seulement, loin sen faut ". La ville a eu sa part de succès avec à la clé limage dune commune qui, avec ses entreprises, sait créer lévènement, prendre des initiatives, bouger.
Lentreprise Cotten, aujourdhui, emploie 200 personnes sur les trois sites de production quelle a développés, à Concarneau, à Riec-sur-Bélon, dans le Morbihan et 2 000 pièces sont découpées quotidiennement dans ces ateliers et 450 000 articles confectionnés par an. Au fil des ans et avec la multiplication des grandes courses au large, la gamme des produits sest très largement étoffée. Après la célèbre veste cirée Rosbras, à glissière et double patte velcro, ce sont des cottes à bretelles, des vestes de quart, des pantalons à sangle damarrage, des vêtements polaires, combinaisons de navigation, des gilets
qui sortent des ateliers. Une gamme sécurité, une gamme haute mer, une autre loisirs ou polaires, les différents articles sont expédiés dans des magasins ou comptoirs maritimes sous lappellation Labri du marin. Et cela en France et à létranger. La société Guy Cotten couvre en effet une grande partie du marché mondial du vêtement de mer (plus de vingt pays) avec ses filiales en Grande-Bretagne, en Espagne, aux Etats-Unis et un réseau très dense de distributeurs.
Guy Cotten a su garder le cap et imposer son petit bonhomme jaune, son logo dessiné par le Quimpérois Alain Le Quernec. Un petit bonhomme aujourdhui connu et reconnu et qui plaît puisque 95 % des marins pêcheurs et 50 % des plaisanciers lont adopté. Sylvie Béchet
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Le monde est sa maison
Michel Kerscaven (Barillec SA).
Louverture au monde, par nécessité et par goût, telle pourrait être la devise de Barillec SA et de son Pdg, Michel Kerscaven. Société spécialisée en électricité industrielle et maritime, lentreprise concarnoise emploie aujourdhui 142 salariés sur sept sites : Concarneau (siège social), Brest, Quimper, Quimperlé, Lorient, Ploemeur et, plus récemment, Pontivy. Lentreprise a vu le jour dans la Ville bleue en 1957. Depuis elle a approfondi ses savoir-faire initiaux et en a développé de nouveaux. La carte de visite est impressionnante : électricité, automatisme, rebobinage, électronique, informatique
Sur les marchés maritimes, Barillec intervient surtout en construction neuve mais vise également les opportunités offertes par la réparation navale via la cale sèche concarnoise. La matière grise est importante : 38 ingénieurs et techniciens sont projetables à tout instant dans le monde entier. Ils interviennent en ingénierie et travaux sur lélectricité traditionnelle mais aussi sur les systèmes de contrôle-commande dappareils propulsifs, lautomatisation des installations diverses des navires, les systèmes de gestion dénergie, la centralisation des données, la motorisation électrique déquipements jusquà 1 500 kW. Les circuits de communication et de sécurité embarqués devenant de plus en plus sophistiqués, Barillec a mis en place une équipe vouée au développement doffres en matière de réseaux informatiques, interphonie et téléphonie, détection incendie, télévision par satellite et système de surveillance vidéo.
Les ateliers concarnois sont dédiés à la fabrication darmoires de puissance et de commande, de pupitres machine et passerelle avec intégration des équipements de commande du navire et de surveillance des installations. Les ateliers de Brest, Quimperlé et Ploemeur sont spécialisés dans la maintenance et le rebobinage des machines électriques tournantes couvrant une large gamme de puissances. La société est référencée dans de nombreux secteurs dactivité : militaire, pêche, remorquage et assistance, plaisance, transport, paquebots, navires spécialisés
" Nous sommes historiquement et culturellement attachés à Concarneau dont nous partageons le fighting spirit(lesprit de combat) ", affirme le Pdg, Michel Kerscaven. " Lomniprésence de la mer nous incite à rechercher des marchés toujours plus loin. Notre position excentrée nous oblige à beaucoup voyager. " En dehors des interventions ponctuelles, des équipes opèrent actuellement dans les lointaines terres françaises, en Nouvelle-Calédonie, mais aussi au Maroc et au Gabon. Barillec, qui a depuis longtemps fait ses preuves dans le domaine militaire, est très attentif aux futurs développements du projet de second porte-avions français. En attendant, la firme concarnoise intervient sur deux BPC (bâtiments de projection et de commandement) en construction. La société entend bien continuer à mettre en avant ses atouts : ouverture, réactivité, formation permanente à linternational
En somme, selon son Pdg, optimiser " une capacité de projection qui nous permet de réaliser ou de faire réaliser des projets à grande distance ". O.B.
" La révision du plan local durbanisme est décisive "
Francis Rozé (président de la commission économique de la 4C).
Vice-président de la 4C, la communauté de communes Concarneau Cornouaille, Francis Rozé, maire de Saint-Yvi et Rémi Bonjoux, responsable économie-tourisme, sont les plus à même de rappeler une réalité méconnue : économie et tourisme sont des compétences communautaires obligatoires depuis le 1er janvier 2002. " Nous gérons léquilibre entre la grande commune et les plus petites ", affirme Francis Rozé, soulignant au passage que lun des premiers projets économique de la 4C, la création dun atelier-relais sest fait à Tourch (836 habitants en 1999). " Nos liens sont forts avec la ville de Concarneau, affirme Rémi Bonjoux. Nous sommes en relation permanente pour ce qui est des projets présentés en Commission départementale déquipement commercial (CDEC), des aménagements du centre-ville (actuellement, le déménagement de lANPE à Kerampéru) ou du tourisme. " La 4C perçoit le produit de la taxe professionnelle unique, près de 9 millions deuros, dont elle reverse une majeure partie aux communes. Le système invite au dynamisme collectif. " La TPU sert essentiellement à financer nos nouvelles compétences ", explique Rémi Bonjoux. la 4C est très attentive à la révision prochaine du plan local durbanisme. La gestion locale de lurbanisme et du foncier est décisive pour le développement commun. " Cest à nous quil revient de développer des zones dactivité, mais il faut pour cela quelles soient inscrites dans le Plu ", poursuit Rémi Bonjoux. De quelque manière que lon aborde le problème, les destins de Concarneau et de la 4C sont profondément imbriqués. " Si lon a des sorties de bateaux ou des délocalisations dentreprise, ça pèse directement sur nos moyens daction ", explique le responsable du service économie-tourisme de la 4C. Le service économie-tourisme est linterlocuteur de toute entreprise désireuse de se créer, de simplanter ou de se développer localement. Il tient à jour un catalogue des terrains disponibles. Il travaille en réseau avec les chambres consulaires du département (CCI, chambre de métiers
). En ce moment, le service est mobilisé par une étude Bretagne Qualiparc (financée par le Conseil régional et les conseils généraux bretons) qui vise à optimiser et harmoniser limplantation et le fonctionnement des zones dactivités. " Il est clair que dans le cas de Concarneau, le site de Coat Conq est étudié de près ", sourit Rémi Bonjoux. Second gros chantier en cours : le schéma de développement commercial, conduit en étroite collaboration avec la ville de Concarneau, la CCI et la chambre de métiers. Autre projet : la pépinière dentreprise dont on peut espérer quelle simplantera un jour à Coat Conq, ou ailleurs. " Tout dépend de lévolution du périmètre Seveso II, et nous navons aucune maîtrise là-dessus, seulement une anticipation positive ", explique Rémi Bonjoux. Le foncier est au cur des réflexions. " Dans le domaine public, il ny a actuellement pratiquement aucune disponibilité à Concarneau. Il en existe dailleurs assez peu sur lensemble de la 4C ", indique-t-il. " Nous travaillons dabord sur loffre. Ensuite, nous pourrons mener des opérations de promotion. " La révision du plan local durbanisme de Concarneau est " extrêmement importante pour nous ", insiste Francis Rozé. 2004, lodyssée de lespace
Olivier Boyer
" Il y aura des jours meilleurs "
Jacques Piriou
La compagnie bretonne de cargos frigorifiques (Cobrecaf) vient de commander un thonier senneur de 83 mètres aux chantiers Piriou. Le navire devrait être livré à la Cobrecaf, spécialisée dans la pêche au thon tropical et qui vient de passer sous le contrôle de la STP, groupe darmement franco-néerlandais, dans un an et demi avec à la clé une facture estimée à près de 22 millions deuros. Une bonne confirmation de limage de fiabilité dont jouit le chantier concarnois qui emploie 220 salariés et affiche un chiffre daffaires denviron 60 millions deuros. Actuellement, le chantier construit un palangrier et un chalutier Intermarché. Le premier devrait être livré fin juin, le second en novembre. Grâce à une diversification hors pêche entamée depuis plus de dix ans (bateaux dassistance offshore, remorqueurs
), Piriou maintient une vitesse de croisière très convenable par les temps qui courent. " Notre plan de charge est rempli pour 2005. En moyenne, sur les quatre dernières années, nous sommes à 50 % sur la pêche et 50 % sur les bateaux de servitude ", explique Jacques Piriou. Pour gagner des marchés, le chantier concarnois reste en veille permanente, mais les temps sont durs.
Face aux incertitudes de la conjoncture, Piriou sintéresse de près aux " bateaux gris ". Sur le créneau des vedettes (Douanes, Affaires maritimes, gendarmerie maritime) ou des petites unités dassistance et de soutien, Piriou se sent, à juste titre, parfaitement dans son élément. " Nous commençons à répondre à des appels doffre en réparation. Quand on travaille à lexport, il est très important de mettre en avant des marchés avec la Marine nationale, explique Jacques Piriou. Nous devrions obtenir quelques contrats de réparation dans les mois prochains pour des bateaux de moins de 100 mètres. Ce qui nous permettra de faire nos preuves dans le domaine des marchés dEtat. Comme toujours, nous progressons à petits pas et nous allons adapter nos structures à la demande. " Les Chantiers Piriou ont également fait acte de candidature pour la construction de vedettes des Douanes françaises. Pour le reste, à lexport, " il est certain que lon ne peut sen sortir que par la valeur ajoutée, la compétence technique et le savoir-faire ", affirme Jacques Piriou. Le regard de lentrepreneur sur le port de Concarneau est lucide : " Ces dernières années, nous avons pris une grosse gifle. La flottille vieillit. La pêche artisanale sest effilochée. Ceux qui croient au renouvellement de loutil ont les pires difficultés à monter des dossiers. Il y a pénurie de marins. Ce mélange ne donne pas des perspectives davenir très réjouissantes ". Et pourtant, Jacques Piriou y croit. " Ici, ça bouge partout. On ne peut pas continuer à décroître sans réagir. On sen sortira tous ensemble. Les Concarnois ont lhabitude de se battre et ils ne baissent jamais les bras, affirme-t-il. Le port connaît en ce moment de nombreux mouvements capitalistiques qui sont, dune certaine manière, plutôt encourageants. Ici, il y a des gens qui croient au pavillon, à la flotte, aux entreprises et aux marins français. Nous avons vécu une période extrêmement difficile. Il y aura des jours meilleurs ! " O.B.
" Cultivons notre jardin ! "
Pierre-Yves Nicot
Pour le groupe Nicot, le dossier armement appartient désormais au passé. Ce qui ne veut pas dire que le patron du groupe na pas tout fait pour sauvegarder jusquau bout lintérêt concarnois. Le risque de délocalisation (vers Lorient) nétait pas seulement une rumeur. " Larmement reste ici, cétait un point clé pour nous davoir cette garantie ", explique Pierre-Yves Nicot. Il reste quaujourdhui, " la pêche demande de gros moyens et implique de pouvoir assumer des risques importants ". Un changement déchelle quillustrent les nombreux mouvements capitalistiques qui marquent actuellement la vie de la zone portuaire. La reprise complète de larmement par Intermarché apparaissait depuis longtemps inexorable.
Aujourdhui, le groupe Nicot se recentre sur ses points forts, et ils sont nombreux. En premier lieu, le jardinage, activité originelle de la famille. " La graine a engendré le bateau qui a conforté la graine ", poétise le Pdg. La jardinerie représente un bon tiers du chiffre daffaires annuel (30 millions deuros au total) dun groupe qui emploie 240 salariés. Les entrepôts frigorifiques, les surgelés et Savormer complètent les rentrées. Sous lenseigne Truffaut, le groupe possède deux jardineries, à Quimper et Lorient. " Cest un marché porteur que nous allons dynamiser et développer ", explique le secrétaire général du groupe Nicot, Claude Seildel. Deuxième pôle dactivité de Nicot : les entrepôts frigorifiques. Actuellement, la capacité de stockage sélève à 100 000 m2, principalement sur le site du Moros. Mais il existe aussi deux chambres froides à Douarnenez. " Dans ce secteur, nous sommes plutôt en position dattente, explique Claude Seildel. Notre valeur ajoutée devrait davantage reposer à lavenir sur nos prestations en matière de congélation. "
Troisième pilier du groupe, Nicot Surgelés, distribué sous lenseigne Thiriet, comporte 900 références, dont près de 600 plats cuisinés. Il compte actuellement deux magasins, lun à Concarneau, lautre à Quimper. " Nous souhaitons en construire dautres dans des villes moyennes ", indique Claude Seildel. Côté vente à domicile, Nicot Surgelés dessert 25 000 clients, dans le Finistère et le Morbihan. " La troisième activité de Nicot Surgelés, la restauration hors domicile (RHD), a été rachetée en 2002 par la société Dipral de Locminé ", rappelle le secrétaire général du groupe.
Quatrième pilier de la maison Nicot : Savormer, spécialisée dans le développement et la fabrication de plats cuisinés à base de produits de la mer. " Cest une usine de production, essentiellement de coquilles Saint-Jacques. A lorigine, la vente seffectuait par le biais de Nicot Surgelés et de Dipral. Désormais, elle repose également sur le réseau de Thiriet en France, ce qui a permis un décollage de lactivité ", indique Claude Seildel. Le patron, Pierre-Yves Nicot est un observateur avisé de la vie économique concarnoise. " Il y a effectivement, à moyen terme, des reconversions à préparer vers le tourisme et les loisirs, explique-t-il. Nous croyons fort en Concarneau. Cette ville est attachante. Tout le monde ici se serre les coudes face à lextérieur, notamment face aux ambitions lorientaises. Pour ce qui nous concerne, nous développons de nouveaux métiers. Le groupe a cinquante ans, il est en pleine mutation et aussi, parce quil faut bien vivre, en quête de valeur ajoutée. " O.B.
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| Les délices de la mise en boîte
Jacques Gonidec (Les Mouettes dArvor)
Sardines, maquereaux, anchois, thon blanc, thon albacore, spécialités (Saint-Jacques, soupe de poisson, bisque de homard, mousses), la conserverie Gonidec navigue depuis quarante-cinq ans entre tradition concarnoise et modernité, en maintenant le cap de la qualité. De sa naissance passage Lanriec en 1959, lentreprise a conservé une certaine manière de produire. " Il na jamais été question de toucher au process qui a fait notre renom ", explique Jacques Gonidec. Quand il a repris les rênes, il sest en revanche fixé deux objectifs : développer le marketing et limage dune part, construire une usine aux lignes modernes dautre part. Les résultats sont là : 5 millions de boîtes de conserves produites pour un chiffre daffaires de 6,5 millions deuros. Le volume de production a été multiplié par cinq en dix ans.
" Nous continuons de produire des boîtes de sardines à lancienne en respectant les méthodes de mon père, avec les temps de saumurage, de séchage et de cuisson ", poursuit Jacques Gonidec. " Nous navons pas changé non plus nos approvisionnements, avec 90 % de sardines fraîches en saison. Nous avons du poisson frais local de louverture de la campagne en mai jusquau mois daoût. Ensuite, on fait venir des sardines de Méditerranée. En automne ici, nos pêcheurs sont plutôt sur lanchois. Ponctuellement, nous avons aussi recours à des sardines pêchées en mer Adriatique ", explique-t-il. Lentreprise emploie 47 salariés permanents en contrat à durée indéterminée et sept à huit saisonniers. Gonidec est célèbre pour ces boîtes illustrées en séries limitées qui font le bonheur des collectionneurs. Commercialement, lenjeu était pour Jacques Gonidec de faire de la sardine un plat à part entière et de rompre léquation simpliste sardine = hors duvre. Essai transformé puisque les enfants craquent pour les sardines au beurre et sel de Guérande prêtes à poêler et que tout un chacun se délecte des sardinettes à lhuile dolive ou au piment despelette. Jacques Gonidec a également lancé un nouveau contenant : le bocal. A lintérieur, des filets de thon blanc germon pêché à la ligne. " Les bocaux nous ont ouverts de nombreux marchés dans les épiceries fines, se félicite-t-il. Le chef dentreprise résume son concept : " Tous les ingrédients de Concarneau dans une même boîte. "
Un concept qui a trouvé preneur dans de nombreuses grandes surfaces et épiceries fines parisiennes mais aussi au Bénelux, en Angleterre, en Allemagne, en Australie, à Dubaï
et dans les caves à vins new-yorkaises. Une large diffusion qui donne à Jacques Gonidec la volonté de mettre en place une véritable structure dédiée à lexport. " Nous continuons à offrir des produits de qualité avec lambition de devenir incontournable dans notre domaine. " Les Mouettes dArvor nont pas fini de prendre de la hauteur. O.B.
Marché et halles : essentiels !
Pour redonner du souffle à la vie commerciale du centre-ville, la municipalité de Concarneau avait bien compris voici cinq ans que laménagement des places, des parkings et des halles de lhyper-centre devenait urgent. Cest aujourdhui chose faite. Les halles ont été modernisées et la dernière tranche des travaux daménagement des places qui ont pris en compte laccueil bihebdomadaire du marché de plein air (lundi et vendredi matin), sera terminée avant la saison touristique. Globalement, les seize commerçants installés sous les halles, spécialisés en produits alimentaires (poissons, légumes, fromages) ne sont pas mécontents de leur sort et apprécient les nouvelles installations dont ils bénéficient. " Nous disposons désormais dun bon outil de travail, affirme un poissonnier, présent sous les halles depuis 1988. Nos stalles sont plus faciles à nettoyer. Elles sont plus pratiques. "
Ambiance conviviale Toutefois, lheure nest pas à leuphorie. Ils conviennent tous que la société et la manière de consommer changent et que leur clientèle, composée en grande partie de personnes âgées, ne se renouvelle pas facilement. Les prix sous les halles sont réputés élevés. " La fraîcheur et la qualité de nos produits se payent forcément ", tempère le poissonnier. La crémière, anciennement déléguée des commerçants fait le même constat. " Nous voulons terminer nos carrières ici, explique-t-elle. Pas question daller ailleurs car lambiance est conviviale, très sympa. " Pour sen sortir financièrement, comme trois de ses collègues, elle déballe ses fromages les vendredis et samedis en soirée, de 17 h à 19 h, et travaille le dimanche matin. Finalement, ce sont les marchands de fruits et de légumes qui souffrent le plus des nouvelles mentalités et de la concurrence des grandes surfaces. " Nous ne pouvons plus rivaliser au niveau des prix avec la grande distribution ", admet lune des marchandes. " Dans dix ans, les halles nexisteront plus, prédit-elle. Et dailleurs, une stalle vide depuis deux ans na toujours pas pris preneur. Cest bien un signe ! "
Dans lensemble, les seize commerçants des halles se sentent écoutés par la municipalité dont ils sont les locataires. Plusieurs dentre eux ont adhéré à lunion commerciale de Concarneau restructurée depuis peu. Le marché de plein air de la ville bleue programmé le vendredi matin est lun des plus importants du Finistère. La partie alimentaire est installée en face des halles sur la place du 8 mai et celle réservée aux tissus, à la maroquinerie et à lartisanat sétend à nouveau, depuis la fin des travaux daménagement, sur la totalité de la place Jean-Jaurès. Les ambulants, quils soient titularisés ou passagers, viennent de tout le Finistère mais aussi du Morbihan et de la Loire-Atlantique. Les non titulaires comptent sur le tirage au sort pour décrocher une petite place très enviée surtout en période estivale. La présence de nombreux producteurs attire une clientèle extérieure à Concarneau. Loin dêtre concurrentiel, le marché contribue à renforcer lambiance commerciale du centre-ville. Isabelle Calvez
Lunion fait la force
Concarneau compte plus de 600 commerces implantés dans lhyper-centre, dans les nombreux quartiers éclatés de la ville bleue ou dans la zone commerciale de Kérampéru qui connaît depuis quelques années un boom considérable. 94 de ces commerces ont adhéré à lUnion commerciale de Concarneau créée en mars 2003, deux ans après la mise en " stand-by " de lancien groupement des commerçants, Concarneau boutiques. Vingt personnes uvrent au sein dun conseil dadministration composé de deux commissions : aménagement et animation. Pour plus defficacité encore, des délégués représentent les différents quartiers de Concarneau. " La majorité de nos adhérents a accepté lentrée au sein de lunion des trois grandes surfaces de la ville, Leclerc, Champion et Intermarché ", indique Daniel Donnard, président du groupement et directeur de " Sport pour tous ".
" Cest une première à Concarneau et pour linstant nous ne regrettons pas notre choix. Les responsables de la grande distribution sont conscients quil ne faut pas déséquilibrer le marché. " Le directeur de " Harris ", commerce spécialisé dans le prêt-à-porter de moyenne et haute gamme, est lui aussi très favorable à ce partenariat. " Lunion fait la force. Lessentiel est que les petits commerces aient leurs propres spécificités pour arriver à une certaine complémentarité. A lextérieur, Concarneau a la réputation dune ville dynamique, riche de boutiques très différentes. " Cest donc dorénavant main dans la main que les grandes enseignes situées pour la plupart en périphérie, formidables vecteurs de dynamisme, et les petits commerces du centre-ville luttent pour rendre leur cité plus attractive. Tous ont contribué, à leur niveau, au succès des " Concarnoël ", animations de fin dannée mises en place lannée dernière. " Le bilan est encourageant pour lavenir ", affirme Daniel Donnard qui a eu le mérite, grâce à son expérience, de réussir à remobiliser les troupes. Mais le succès de lunion ne sarrête pas à ces animations. Entendues et surtout encouragées par la municipalité, certaines de ses revendications ont été prises en compte, comme le droit de stationner sur la place Jean-Jaurès en période hivernale, la gratuité du stationnement en été de 12 h 30 à 14 h et enfin lobtention dun abattement de 50 % sur le droit de place pour les commerçants victimes des nuisances occasionnées par les travaux daménagement. Reste maintenant à garder le cap et à conserver lenthousiasme
Isabelle Calvez
"L utilité sociale " du commerce
Jean-Michel Bordais (Centre Leclerc Concarneau).
Le directeur du Leclerc est un homme curieux de tout. Sur son bureau, le dernier ouvrage de Stephen Smith, journaliste au " Monde ". Il dirige un grand vaisseau commercial qui emploie 230 salariés (300 en été), propose 100 000 références à sa clientèle et dispose de 900 places de parking.
Le Centre Leclerc concarnois est aujourdhui en plein renouveau. Les travaux en cours vont permettre daugmenter la surface de vente dun millier de mètres carrés. La Commission départementale déquipement commercial a également autorisé la création dun espace culturel de 650 m2. Le chantier a commencé voici presque un an et va se poursuivre pendant deux années. Des réserves souterraines et aériennes vont être créées, afin de consacrer le maximum de surface à la vente au rez-de-chaussée.
Le futur espace culturel représente pour Jean-Michel Bordais un véritable enjeu personnel. " Ma passion, cest le livre, explique-t-il. Quand je vois un enfant en train de lire devant un rayon, je suis heureux. La lecture symbolise lévasion, lémotion, louverture. " Cette démarche volontariste est dautant plus précieuse que, rappelle-t-il, " le taux de lecture est à Concarneau inférieur de 25 % à la moyenne nationale ". Actuellement, poursuit Jean-Michel Bordais, " deux achats de livre sur trois seffectuent en dehors de la commune ".
Leclerc a lambition dapporter en la matière un très utile complément doffre. Fortement impliqué dans " Produits en Bretagne ", le patron du Leclerc concarnois fait preuve dune vision économique globale, profondément inscrite dans le territoire. " Ce qui mintéresse, ce sont les projets collectifs pour la Bretagne. Les paysans ont des problèmes de rentabilité, nous essayons de trouver des solutions pour améliorer leur revenu. " Jean-Michel Bordais joue pleinement son rôle dacteur économique ancré dans sa région. " Nous sommes des observateurs privilégiés des attentes du consommateur, notre devoir est de transmettre ces informations aux producteurs agricoles. " Jean-Michel Bordais se sent bien ici. " Il y a dans cette ville des hommes et des femmes dune qualité extraordinaire. Dans chaque profession, il y a des leaders de grand talent. Cest un atout pour la ville. "
Par ailleurs, lattachement farouche des Finistériens à leur terre induit la présence dun " personnel surformé ". Le succès des lotissements de Kerauret ne surprend pas le directeur du Leclerc : " Les gens ont confiance dans les atouts de Concarneau, dans ses capacités dadaptation. Il ne faut pas opposer les développements. Sans industrie, il ny a pas de commerce, mais linverse est également vrai ", conclut Jean-Michel Bordais. " En France, il existe une forte réticence à accepter lutilité sociale du commerce. Dans de nombreux pays modernes, celle-ci est pourtant largement reconnue. La Bretagne nest jamais aussi forte que lorsque les gens travaillent ensemble. " Olivier Boyer
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En quête déquilibres
Christine Tréguier (déléguée au Commerce).
" On a limpression que Concarneau na pas réellement de centre-ville mais quil possède un site touristique. " Cest lune des phrases clés du rapport remis fin 2000 à la municipalité par SM Conseil. Un document intitulé " Etude de lappareil commercial du centre-ville de Concarneau ". A cette époque, les auteurs recensaient 555 " cellules commerciales " actives, dont 257 en centre-ville. Ils constataient le rôle " fondamental " joué par les Halles et, plus encore, par le marché du vendredi. Malgré un centre-ville jugé " illisible ", ils soulignaient la " bonne dynamique " des commerçants de la Ville bleue.
Déléguée au commerce, Christine Tréguier sefforce doptimiser et déquilibrer loffre commerciale concarnoise. Dans ce combat de tous les jours, la ville nest pas seule. Elle a retrouvé des interlocuteurs avec la nouvelle union des commerçants. Lélue a piloté localement le programme dactions mis en place dans le cadre du Fonds dintervention pour la sauvegarde de lartisanat et du commerce (Fisac). Ce programme ambitieux concernait la rénovation des Halles, laménagement de la place Jean-Jaurès, la mise aux normes du marché en plein air, laménagement du mail piétonnier dans lavenue du Dr Nicolas, des rues Hélène Hascoët et Charles Linement et de la place du 8 Mai, enfin laménagement de la place du Général de Gaulle et de la rue Dumont-dUrville. Christine Tréguier est également aux premières loges pour ce qui est de la charte de développement commercial initiée par la CCI de Quimper sur le Pays de Cornouaille. Objectif : garantir le respect du maillage commercial au profit dun développement durable et équilibré du commerce et de lartisanat cornouaillais.
Dans un monde idéal, Christine Tréguier aimerait que certains commerçants concarnois tirent toutes les conclusions des effets de la RTT et du fractionnement des vacances. Léquipe municipale verrait également dun bon il une plus grande variété de loffre en Ville Close, avec notamment une meilleure valeur ajoutée culturelle. Ville dart et dhistoire, Concarneau souhaite mieux exploiter son image. Au centre-ville, de nombreux travaux ont été réalisés. Ils améliorent la lisibilité dun cur de cité éclaté et difficilement perceptible par le visiteur. Lobjectif est, quaprès avoir admiré et visité la Ville Close, les familles se mettent aussi à regarder vers la terre. Quils découvrent les Halles et les rues commerçantes du centre.
Parallèlement, le développement des zones commerciales en périphérie a permis de juguler lévasion dune partie de la clientèle locale vers Quimper ou Lorient. Le centre dispose dun atout maître, le marché du vendredi matin dont le succès ne se dément pas. Si elle parvient à offrir des animations commerciales de qualité tout au long de lannée, Concarneau pourra tirer tous les bénéfices commerciaux de son puissant pouvoir dattraction. Il faudra également que la ville bleue sinvente des espaces, comme celui que le déménagement prochain de lANPE à Kérampéru va libérer en centre-ville. O.B.
Il ny a pas que la Ville Close !
Christian Mingam (délégué au Tourisme).
Officiellement reconnue comme Ville dart et dhistoire, Concarneau nappartient pas au cercle des stations balnéaires. Elle nen nourrit nul complexe. Elle lest de facto. 290 000 personnes empruntent chaque an-née le bac qui rejoint la Ville Close et cette dernière accueillerait bon an mal an plus dun million de visiteurs. Le port de plaisance en cur de ville et les plages si proches donnent également à la Ville bleue un parfum touristique quil serait malveillant de contester.
" Le label Ville dart et dhistoire nest pas uniquement tourné vers le passé. Il nous oblige à mettre en avant lactivité économique daujourdhui et ça nous convient bien ", affirme Christian Mingam, délégué au Tourisme. " Notre premier objectif est daugmenter notre capacité daccueil ", poursuit-il. " Il nous faut également prendre exemple sur les ports voisins et améliorer la qualité de services à nos usagers. "
La demande existe. De plus en plus de plaisanciers recherchent des emplacements à lannée dans les eaux de la Ville bleue. Le projet de zone technique petite pêche plaisance va lui aussi dans le sens dun renforcement de loffre en vue dune plus grande fidélisation.
Comme les autres stations touristiques, la municipalité veille de très près à la propreté de la ville : entretien des places, mise à disposition de toilettes publiques, aires dédiées aux campings-cars, et sefforce de proposer des conditions de stationnement acceptables.
A Concarneau, tout prend une dimension touristique : aménagement du centre-ville, rénovation des bâtiments de caractère, animations estivales. " On a un atout extraordinaire : être une ville de 20 000 habitants où lon se sent comme dans un village ", explique Christian Mingam. " On se bat pour que les visiteurs découvrent autre chose que la sempiternelle Ville Close. Il existe ici une offre adaptée aux séjours courts. Nous avons matière à prolonger le temps de visite à Concarneau. " O.B. |
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