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Dernière mise à jour:
02/12/2009 |
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> Douarnenez
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| Une Khirgize à la traîne dune visite commentée, une irlandaise qui rentre du marché, un méditerranéen en méditation devant une île, lespace dune journée, toutes ces personnes se seront croisées à Douarnenez. Dans ce port de pêche finistérien, la tradition douverture remonte à loin. Jusque dans les années 1960, la ville avait bâti son économie sur la sardine et de nombreuses conserveries faisaient travailler les femmes de marins. Mais il y eut aussi la pêche à la morue à Saint-Pierre et Miquelon ou les expéditions jusquaux côtes africaines. Aujourdhui, les quelques bateaux encore en activité pêchent surtout en baie, où la sardine est revenue après sêtre un temps éclipsée. Sur les quais cependant, le ballet des marins en ciré jaune na pas cessé. Les chalutiers concarnois, voire espagnols ou écossais, viennent nombreux débarquer leur poisson, sans parler des bateaux usines, dont laccostage devant la criée est un spectacle couru.
Rien ne sert pourtant de le nier, les maisons de mareyeurs ont depuis longtemps été converties en hôtels ou en résidence secondaires et les filets décorent volontiers lintérieur des crêperies. Mais il ny a rien à faire, tout Douarnenez respire encore son passé. Mieux, la ville a su garder la mémoire sans donner dans la nostalgie.
Aujourdhui encore, la sardine est à tous les coins de rue. Mais si on noublie pas le passé, notamment via le musée du bateau et sa collection de " bateaux de travail ", on nen dédaigne pas moins les clins dil décalés : depuis 4 ans maintenant, le festival dété " les arts dînent à lhuile " se tient sur lestacade du port Rhu. Le collectif organisateur occupe les anciennes affaires maritimes
Et à lheure où la conserverie Chancerel fête ses 150 ans en érigeant une statue mi-femme mi-sardine devant lîle Tristan, personne ne soffusque du drap dont un farceur lui a entouré la taille. " Sûrement quelquun qui avait quelque chose à dire, peut-être les intermittents ", commente un pêcheur de coquillages. Décidément, Douarnenez vit avec son temps.
Située en fond de baie, entre les falaises du cap Sizun, au sud, et les plages qui sétendent jusquà Crozon, au nord, la ville sest développée au XIXe siècle. Ses maisons de pêcheurs, dont les pierres apparaissent seulement aux contours des portes et fenêtres étaient à lorigine sans fioritures, blanches ou grises. Depuis, la mode irlandaise des façades colorées a pris. Sur le port, les maisons sont rouge, bleue ou rose. De quoi alimenter les conversations dans les venelles et arrières-cours qui relient les halles aux quais. Entre le linge qui sèche aux fenêtres et les brins de conversations qui séchangent dune cour à lautre, si ce nétait laccent, le promeneur pourrait croire à un bout dItalie.
Cependant, une fois rassasié des " mignonig ", " ma pauvre ", et autres expressions si chères aux mamies douarnenistes, lamateur de quiétude naura que lembarras du choix. Envie despace vert ? Le sentier des Plomarch, une bande champêtre qui aboutit à la première grande plage de la baie, la plage du Ris, vous attend. Avec ses criques désertes et son ancien village de pêcheurs reconverti en gîte détape, le parc est la promenade traditionnelle du tout Douarnenez. Récemment, un site gallo-romain y a été découvert et aménagé pour la visite.
Pour ce qui est des vestiges dun passé plus récent, en revanche, mieux vaut se diriger vers le port Rhu. Séparé du port de pêche par 2 plages, cet estuaire a été fermé pour accueillir de vieux gréements. A lentrée du bassin, lIle Tristan laisse voir sa façade sud. Devenue propriété du conservatoire du littoral, elle nest ouverte au public que lors de visites guidées. Coupée de la rive à marée haute, sur fond de légende de la ville dYs et dhistoire de Tristan et Yseult, le bout de terre cultive son côté " île mystérieuse ".
En poursuivant vers le port Rhu, le visiteur pourra continuer sa rêverie le long dune promenade en bois. Les bateaux de la fin du xixe siècle ou du début du 20e salignent le long des quais. Certains, propriété du musée du bateau, sont visitables. Le musée sest installé un peu en retrait de lestacade. Mais le port Rhu nest pas uniquement un lieu dexposition. Il est devenu un véritable " atelier " où se regroupent tous les métiers de la charpenterie de marine. De la restauration à la construction, les officines de charpenterie, voilerie ou matelotage proposent leurs services, jusquau " stage de loisir " pour les curieux du métier.
Après une telle mise en bouche, lappel des embruns devrait logiquement se faire sentir. Sur le port de pêche, entre les promesses des pêcheurs à la ligne pour qui " aujourdhui il devrait y avoir du macreau ", le va et vient des kayaks et les départs pour des croisières en baie ou des parties de pêche en mer, il faut choisir. Peut-être les conseils de Paulette, 81 ans, qui a fait de la digue sa promenade quotidienne ne seront pas de trop. Elle qui vient chaque jour sur le port " parce quà Ploaré (un quartier de Douarnenez), on nest pas en bord de mer ! ". Soïg Salaün
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Crêpe toujours A Douarnenez, en matière de crêpes, il y eut longtemps 2 écoles. Le vendredi, entre tante Fine et chez Tudal, il fallait choisir.
Aujourdhui, avec la fermeture annoncée de tante Fine, cest la fin dun dilemme. La crêperie de Roger Tudal, " Au goûter breton ", a gagné ses galons dincontournable. Ouverte en 1951, la maison est à présent dirigée par Roger, qui a pris la succession de sa mère. Sa réputation dinstitution locale, le patron crêpier a donc eut tout le temps de sy faire. Pour autant, il relativise : " Des piliers forts, il y en avait eu dautres avant tante fine et moi et il y en aura encore. Après, cest surtout la nostalgie des gens
"
Et la nostalgie, décidément, dans la maison on ny tient pas. Sur la devanture peinte en orange vif, une pieuvre en fer rouge fait lencornure. Roger en profite pour glisser un mot sur ses copains de latelier des " rouillegorge ", " inventeurs constructeurs " du cru. A lintérieur, la décoration un peu bric à brac reste dans le ton de ce premier aperçu. Planche de surf souvenir, scène de la légende de la ville dys, baratte à beurre
ici, on régale les yeux autant que les papilles. Pour Roger lamateur de voitures américaines, lévolution dans le travail est venue naturellement. " Il y a 10 ans, explique-t-il, quand on est passé au fromage de chèvre roquefort, ça a été difficile. Aujourdhui, cest ce quon vend le mieux ". Pour le cidre, en revanche, les habitudes ont la vie dure, déplore le crêpier. Impossible de faire démordre les clients de leur produit habituel. Mais la tradition, quand il sagit de faire découvrir les spécialités locales, Roger Tudal a vite fait dy revenir. Que ce soit pour promouvoir le gros lait, " typiquement du coin ", ou décrire la fabrication du lait ribot, les gastronomes ont trouvé leur homme.
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