Covoiturage : le Finistère en pointe
Le Conseil général, dirigé par le socialiste Pierre Maille, est le premier en France à mettre en uvre une politique complète en faveur du covoiturage. Elle sinscrit pleinement dans le cadre du schéma départemental des déplacements. Au programme : communication, création de parkings adaptés, site Internet pour mieux ajuster loffre et la demande.
Des automobilistes qui se retrouvent sur un parking et montent à bord du même véhicule pour rejoindre, à moindres frais, la même destination, cela est de moins en moins rare. Des entreprises, voire des administrations, qui sefforcent de coordonner et de facilité les trajets domicile-travail de leur personnel, ça nest plus très original. Mais un Conseil général qui prend le dossier à bras-le-corps et sengage à le traiter sous tous ses aspects, cest nouveau. Aux yeux dYvette Duval, ancienne vice-présidente du Conseil général du Finistère responsable des déplacements et des routes, aujourdhui conseillère régionale de Bretagne, lextension de la pratique du covoiturage ne présente que des avantages. " Lusager diminue la part de son budget destinée à lautomobile, les pollutions engendrées par les véhicules sont réduites et la démarche favorise lentraide, la convivialité et concourt à créer du lien social. "
Afin daccompagner le développement régulier du covoiturage, le département du Finistère a décidé den organiser la pratique. " Nous agissons là dans une démarche globale de déplacements et dans un souci de développement durable et de multimodalité ", indique lélue, en habituée de ce type de dossiers. Le Conseil général aborde la problématique du covoiturage dune manière cohérente.
Premier besoin des covoitureurs potentiels : entrer en relation les uns avec les autres. Le Conseil général prépare le lancement, cet été, dun site Internet. Agrémenté dune cartographie dynamique, il permettra un repérage visuel des offres et demandes de covoiturage. Il sera géré à léchelle du département, contrairement aux sites existants qui sont généralement nationaux. Il complétera heureusement le site déjà consacré aux transports infotransports.cg29.fr accessible à partir du site du Conseil général du Finistère. Ce dernier, inauguré le 22 janvier dernier, permet aux voyageurs de calculer leur itinéraire dun point à lautre du Finistère, en tenant compte de lensemble des modes de transport.
Second souhait : ajuster loffre et la demande. Pour répondre à cet enjeu, le Conseil général du Finistère va mettre en place une centrale de covoiturage, à limage de celle qui a été créée par la direction départementale de lEquipement (DDE) de la Haute-Garonne. Cette centrale aura pour missions dassurer la mise en contact des automobilistes grâce à un logiciel dappariement et des outils télématiques, de favoriser le choix optimal de laire de covoiturage (distance, localisation), de renforcer la sécurité de la pratique (identification du conducteur et des passagers), de faciliter la pluralité de la pratique (choix dun conducteur selon les jours et lheure) et détablir la liaison avec les services de transports collectifs (horaires, itinéraires, tarifs). Naturellement, un central téléphonique viendrait compléter la structure informatisée.
Troisième attente du covoiturage : des aires de stationnement adaptées. Lobjectif du Conseil général du Finistère est de conforter les pratiques existantes en améliorant leur fonctionnement. Une première opération a été menée à bien en bordure de la RN165 (axe sud-Bretagne), à Briec, au nord de Quimper. La nouvelle aire de covoiturage a été inaugurée le 22 janvier dernier. A hauteur de cet échangeur, le covoiturage sétait développé de façon spontanée. Mais de nombreux conducteurs garaient leur véhicule le long de la route. Faute daménagement spécifique, les stationnements engendraient des manuvres dangereuses, marches arrières ou demi-tours
Dautres réalisations sont prévues, notamment à Daoulas (RN165) et à Saint-Eloi, près de Landerneau (RN12-axe nord-Bretagne). Chacune des aires comprend une trentaine demplacements mais lemprise est dimensionnée dans lhypothèse dune extension future. Laccent est mis sur la sécurité (éclairage, cheminements piétons), la fonctionnalité (signalétiques, accès aux transports collectifs, vélos) mais aussi sur lesthétique (mobiliers, espaces verts). Le Conseil général prend à sa charge lintégralité des investissements. Lentretien des aires est ensuite assuré par la collectivité compétente, commune ou groupement de communes, par le biais dune convention de partenariat. Parkings, site Internet, centrale de covoiturage, le Finistère joue le jeu à fond, en y mettant les moyens. Cette année, lassemblée départementale a consacré à cette démarche exemplaire une enveloppe de 200 000 euros.
Olivier Boyer
Routes : les comportements changent mais...
La dernière étude menée par la prévention routière est plutôt rassurante : le comportement des Français au volant sest amélioré ces cinq dernières années. Un progrès particulièrement visible sur lalcool, la vitesse et la ceinture. Une bonne tendance qui néchappe pas au Finistère. " Pour ce qui nous concerne, nous avons des statistiques plus que favorables depuis le début de lannée ", précise le capitaine Depierre, commandant lescadron de sécurité routière du Finistère.
Plusieurs raisons expliquent cette embellie selon lui : " Cest très probablement lié à un début de modification de comportements. Cest bien sûr dû aux campagnes où lon parle de morts, un certain nombre de gens y sont sensibles. Maintenant, il ne faut pas être naïf. Je crois que le Français reste très sensible au porte-monnaie donc je pense que la peur du gendarme joue fortement. "
La peur du gendarme ne semble en tout cas pas sappliquer partout. Lutilisation du portable au volant est en effet en forte progression. Un Français sur quatre reconnaît utiliser son mobile en voiture. Avec des dangers évidents. " Lorsque les conducteurs disent quils sont vigilants en étant au téléphone, ce nest pas possible ! Maintenant, poursuit le capitaine Depierre, on se focalise sur le portable, mais dautres comportements au volant constituent des dangers. Ça peut être manger ou aller chercher des bonbons dans le vide-poches. Certains accidents arrivent car la cigarette tombe du cendrier. Cest très fréquent et ça part dun problème de comportements. "
Enfin, à lapproche des beaux jours, la gendarmerie du Finistère annonce de nouvelles opérations coups de poing, comme par exemple la déviation dune voie express afin de contrôler tous les conducteurs. " Ce genre dopération constitue un impact fort. On le fait ponctuellement, le but cest de surprendre ", conclut Bertrand Depierre. Nous voilà prévenu !
Yann Michael