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Dernière mise à jour:
09/07/2008 |
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> Brest : ses journaux de quartier
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A Brest, la parole des habitants saffiche à la une dune douzaine de journaux de quartier, véritables médias indépendants et néanmoins soutenus par la collectivité. Réalisés par et pour les habitants, ils se font le reflet de lopinion populaire, de ses réalités, de son engagement dans la vie de la cité. Une initiative unique dans le département.
"Tous ceux que nous avons rencontrés ont été étonnés du succès des journaux de quartier de Brest. Chez eux, cela ne prend pas ", commente Hakima Habibi, chargée daccompagner les journaux de quartiers pour le compte du service municipal de la démocratie locale.
Le fait est que la Bretagne ne semble pas constituer un terreau véritablement propice à léclosion de telles initiatives. En la matière, seule la ville du Ponant tire son épingle du jeu, avec une douzaine de parutions recensées en 2003.
La citoyenneté en marche
" Ailleurs, la politique est différente. Ici, malgré les subventions et le suivi qui est offert aux journaux, ceux-ci gardent une réelle indépendance. La collectivité les subventionne, mais leur laisse toute liberté de ton ", souligne Hervé Lestideau, animateur au service culturel de la Fédération des uvres laïques, partenaire de la municipalité sur ce dossier. Inutile de chercher la petite bête : il suffit de feuilleter un à un les journaux des quartiers brestois pour se convaincre de la réalité de ces discours. De page en page, les mots des habitants reflètent leurs humeurs, leurs réalités, leurs quotidiens, et cest bien là lobjet de toute lopération.
" Ces journaux se situent dans des quartiers visés par le contrat de ville. En donnant la parole aux habitants, on leur permet de se valoriser comme de valoriser leurs quartiers ", rappelle Hakima Habibi. Une volonté qui saccompagne de moyens sonnants et trébuchants : chaque année, un budget de 30 000 euros est consacré à lédition et limpression, tandis que la municipalité finance plus globalement les formations régulièrement dispensées aux équipes. Mise en page, photo
Ou même apprentissage de prise de parole en public : par le biais du journal, cest laccès à la citoyenneté qui se met en uvre. " La formation a permis de voir les journaux évoluer dans leur forme. Mais on voit aussi les gens changer, prendre plus dassurance, avoir envie de sexprimer ", se réjouit la jeune femme.
Un modèle appelé à sexporter Réunies au sein du collectif des journaux de quartiers, les équipes de rédaction se rencontrent une fois lan, pour poursuivre un peu plus loin la démarche, échanger leurs pratiques, pérenniser leur action. Une dynamique qui fait des envieux : lan passé, la ville de Nantes est venue sinspirer du modèle brestois, pour se lancer à son tour dans laventure des journaux dhabitants.
Pas de quartier pour lexclusion Lavis de la cité nest pas à proprement parler un journal de quartier. Pour autant, dans la forme comme dans le fond, il participe à lesprit citoyen de la formule.
Créé en 1996, sous la houlette de lassociation Zef communication, ce journal un peu à part est né dune volonté aujourdhui encore intacte : celle de se donner les moyens de lutter contre lexclusion. Composée principalement de personnes en recherche demploi, ou même en formation, léquipe de Lavis de la cité se fait le médium dun retour à la socialisation. " Lécriture permet de reprendre confiance en soi, de reprendre aussi des relations sociales ", confirme Dominique Massé, lune des rédactrices.
5 000 exemplaires Dans les colonnes trimestrielles de ce journal de 12 pages, des infos pratiques sur la ville, des points de vue, mais aussi des sujets sur ce qui fait la vie brestoise. Bref, de quoi refléter la vie de la cité, comme les avis de ceux qui la peuplent. Tiré à 5 000 exemplaires, le journal fait désormais partie des habitudes de lecture de nombreux Brestois qui le retrouvent aussi bien dans les administrations, que dans certains cafés, etc. Seul point noir : le va-et-vient des bénévoles. Doù un appel à toutes les bonnes volontés : " Tous seront les bienvenus, quils aient besoin décrire ou tout simplement de renouer des relations sociales ", indique Patrick Le Gall, vice-président et secrétaire de la parution.
Rens. : 02 98 46 09 48/06 16 10 22 51. Réunions de rédaction au local du 63, rue Jean-Macé, le vendredi de 15 h à 17 h.
Redécouvrir la vie du Haut des tours de Kérédern
Un petit détour par Kérédern, ou plutôt une vraie incursion dans la réalité dun quartier par trop (mal) connu des Brestois : au début de chaque période de vacances scolaires (hormis lété), le Haut des tours de Kérédern vient proposer aux habitants du quartier de " redécouvrir toute la vie de Kérédern ".
En six pages, le journal se donne pour objectif dinformer ses lecteurs sur la face positive des événements qui font vivre le quartier. Et depuis douze ans, toujours alimenté par larrivée de nouveaux rédacteurs, le " canard " remplit son rôle. Ici, pas de chef, encore moins de rédacteur en chef : " Nous nous réunissons en moyenne quatre à cinq fois pour faire un numéro de A à Z, depuis la recherche des sujets jusquà la mise en page. Et chacun, à un moment ou à un autre, sera amené à écrire ", souligne Josette, lune des rédactrices. " On saperçoit quon ne voit pas tous le quartier de la même façon. Ecrire ici, ça permet aussi de mieux connaître le quartier, de faire attention à des choses quon ne voyait pas avant ", estime Monique, elle aussi rédactrice.
Outil dintégration Basé dans les locaux du centre social de Ty-An-Holl, le comité de rédaction bénéficie des moyens techniques de la structure, ainsi que du suivi dAnne Roudaut coordinatrice du journal. Pour le reste, chacun, ou plutôt chacune puisque les plumes du canard de Kérédern ne se déclinent pour lheure quau féminin, apporte sa patte pour faire de ces six pages un tout cohérent, un ensemble apte à donner envie aux habitants dici de regarder leur environnement dun autre il. " Le quartier pâtit dune sale image qui ne lui correspond plus ! Mais pour faire passer ça
", soupire Monique. Sandra, elle, avoue volontiers que le journal la aidée à sintégrer dans une cité quelle ne voulait pas vraiment connaître. " Je venais dune cité, à Paris
Avec le journal, jai été agréablement surprise : il y a en fait tout un tas de choses qui se passent ici ! "
Certaines donnent leurs recettes, dautres recueillent les vécus des habitants, dautres encore se chargent du sujet dactualité. Conseils de lecture, info sur les événements à venir dans le quartier, mais aussi sur la ville
Les rubriques se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Sauf sur un point : lenvie de redorer le blason dun quartier que tous, au sein du journal, savent bien différent de limage quil traîne depuis trop longtemps.
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Et souffle le Vent de Quéli Mobiliser, faire redécouvrir les secrets du quartier de Quéliverzan à ceux qui y vivent. Après plusieurs mois de pause, faute de rédacteurs, Vent de Quéli reprend du service dans les boîtes aux lettres.
"Lidée était au départ venue de Jordan, un jeune du quartier, qui voulait faire bouger les choses. Et puis, le journal sest arrêté, mais les gens continuaient de demander quand il allait ressortir, alors
", rapporte Frédéric Pelé, animateur au centre socioculturel. Alors, quelques bonnes volontés, dont le fondateur du Vent de Quéli, ont remis le couvert depuis la rentrée. Le nouveau numéro est sorti au mois de décembre, et devrait, désormais, être suivi de parutions plus régulières. " Nous ne sommes que quatre
On y arrive, mais ça demande pas mal dinvestissement. Du coup, nous avons fait le choix dimpliquer les associations du quartier, pour quelles écrivent dans nos pages ", explique Frédéric Pelé. La collaboration permet tout à la fois de pallier le manque de rédacteurs, mais aussi de répondre à lun des objectifs du journal : donner aux habitants les clés de la vie de " Quéli " verzan.
Vent nouveau Dans ces pages, les infos pratiques nont pas la part belle. Les mini-reportages eux, sont en revanche à lhonneur, dans la droite logique dune information qui donne du sens. Expliquer aux parents ce que peut donc être cette fameuse capoïera dont leurs enfants parlent, savoir comment fonctionne lassociation daccueil des sans-logis, ou pousser un coup de gueule sur la décoration des jardins : les thèmes sont appelés à se multiplier, en fonction du vécu de tous. " Par ici, on ne lit pas beaucoup les journaux, et pourtant les premiers numéros avaient été très bien accueillis. Cest aussi une façon de redonner envie de lire ", souligne lanimateur.
Aux quatre coins du quartier, les rédacteurs sont allés pêcher linfo insolite, incongrue, oubliée. De quoi renouer le lien avec la population dici, et pourquoi pas voir de nouvelles plumes venir souffler dans le Vent de Quéli...
Ponta sécrit sans tabou Lutter contre une image à la peau dure, lensevelir sous les mots et redonner sa chance à Pontanézen. Depuis 12 ans, Tous à Ponta action journal (Tapaj) réunit les plumes du quartier, pour donner à lire une actualité locale vierge de tout cliché.
Les futures plumes de Tapaj se retrouvaient souvent autour des rayons de la bibliothèque, pour se nourrir de mots romancés, de lignes dactualité. Un moment de pause, pour séchapper peut-être dune réalité qui voulait quà Ponta, lactualité, justement, ne faisait alors la une des journaux que pour de mauvaises raisons
" Il fallait redonner la parole aux gens, les mettre en valeur, et redonner une image positive à Ponta, au-delà des clichés ", rappelle Lucienne Cornec, actuelle rédactrice en chef de Tapaj, et membre fondatrice du journal.
Douze ans plus tard, laventure continue comme jamais. Les plumes ont changé, lesprit est resté. " Nous avons été les premiers des journaux de quartier sur la ville. Tapaj sest lancé dans le cadre du développement social des quartiers. Mais nous avons toujours été un journal dhabitants, pas un bulletin institutionnel ", tient à préciser Lucienne Cornec. Subventionné dans le cadre du contrat de ville, le journal tient donc à son indépendance éditoriale, clé de voûte indispensable à la participation des habitants, tant en matière décriture, que de lecture
" Au début, on en a retrouvés pas mal dans les poubelles ! Mais aujourdhui, nous sommes reconnus pour ce que nous faisons ", sourit la rédactrice en chef.
" Classos " Tapage, ta page, Tapaj
Chacun lit ce quil veut dans le titre de ce journal identitaire, où toutes les paroles ont droit de cité. Certes, un comité de rédaction, formé de six membres actifs, assure la ligne générale mais " lessentiel est de donner la parole aux gens ".
Le bimestriel se fait le reflet de la vie à Ponta, le miroir de lair du temps aussi. Dans chaque numéro, un dossier général étoffe les comptes rendus des événements qui ont ponctué les semaines passées. " Après lincendie de la médiathèque, on en a parlé, évidemment ! Tapaj est là pour montrer ce quil se passe de positif, mais on ne fait pas dans langélisme ! "
Mélange hétéroclite dinfo pratiques, de points de vue croisés, de reportages sur la " vraie " vie du quartier, Tapaj a su trouver son rythme, son public, son ton bien à lui. Distribué (2 500 exemplaires) dans les boîtes, le journal fait désormais partie de lévidence. Meilleure preuve, le jugement dun des ados dici : " Un journal de quartier
Cest classos ! " CQFD ! Dossier réalisé par Elisabeth Jard
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