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Dernière mise à jour:
02/12/2009 |
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> Brest, métropole de l'Ouest
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Brest, métropole océane La Bretagne doit marcher sur deux jambes et donc posséder un pôle déquilibre et de développement à la pointe dArmorique, complétant la sphère dinfluence de Rennes, capitale régionale excentrée. Ce discours de bon sens a progressivement convaincu les décideurs du Pays de Brest. Il est aujourdhui partagé, et mis en musique, par lEtat.
Prenez une carte de lhexagone. Rares sont les capitales régionales excentrées. La Bretagne présente une physionomie différente. Déjà située très à lest de la région, presque aux marges, Rennes ne sera peut-être en 2013 quà moins dune heure et demie de Paris en TGV. Quasiment la grande banlieue parisienne. A linverse, la seconde ville de Bretagne, Brest, et la capitale du Finistère, Quimper, demeurent en périphérie, en bouts de ligne, de plus en plus loin des courants déchanges européens. A mi-chemin, Lannion et Lorient, faute de mieux, se tournent généralement vers Rennes, délaissant quelque peu la pointe dArmorique. Est-ce logique ? Non, parce que la Bretagne a besoin déquilibre. Il lui faut, pour faire contrepoids à Rennes et, mieux encore, compléter son action, un second pôle fédérateur, catalyseur dénergies, animateur despaces. Cette 2e métropole régionale que les aménageurs appellent de leurs vux ne peut être que Brest.
Il nest pas forcément nécessaire de rappeler en détail tout ce qui fonde ce constat : un ensemble dinfrastructures (port, aéroport, Quartz
), de services (CHU), de pôles dexcellence (océanographie, sciences du vivant
), des poids lourds de lindustrie et de la recherche (Thales, DCN, Meunier
), un outil de rayonnement en réseaux (Brest-Technopôles), une université forte, de nombreuses grandes écoles, des chercheurs au top, etc. Brest, pôle maritime, se trouve au cur de la réparation navale française, constitue le pivot de la sécurité maritime en Atlantique et sera bientôt lun des grands échangeurs de la future autoroute de la mer devant longer la façade atlantique. Le Pays de Brest, fort de 375 000 habitants, sest déjà donné une identité. Il travaille aujourdhui à lélaboration de son Scot (schéma de cohérence territoriale), forgeant ainsi dans le concret sa Communauté de destin. Il y a bien longtemps que Brest ne joue plus les seigneurs du Château, bien longtemps quelle nest plus perçue par les autres Finistériens comme un voisin étrange, voire un corps étranger. Ville reconstruite donc ville neuve, elle aurait pu très vite mal vieillir. Ce nest pas le cas. Elle a su conserver les traits humains marquants de son visage de ressuscité. Lirremplaçable quartier de Recouvrance en témoigne. Aujourdhui, Brest va vers les autres et les autres viennent à elles. Ils sont acceptés.
Ayant déjà fédéré près de la moitié de la population du département, Brest a vocation à franchir une nouvelle étape : prendre ses responsabilités de pôle déquilibre sur lensemble de la pointe de Bretagne, jusquà Lannion, jusquà Lorient, et faire en sorte que la Basse-Bretagne regarde à nouveau vers louest. Maire de Brest, président de la Cub, François Cuillandre se réjouit de voir la préfète de Région, Bernadette Malgorn, et le préfet du Finistère, Dominique Schmitt, instituer désormais le projet de Brest 2e métropole en priorité daménagement du territoire. " Nous avons commencé par convaincre nos voisins du Pays de Brest, explique-t-il, et maintenant cest lEtat ". Le volontarisme de lEtat se traduit dans les faits. Des projets structurants tels que la modernisation de laéroport de Brest-Bretagne, des chantiers audacieux comme le port descale du Château, sont placés en priorité haute. Le port de commerce poursuit sa montée en puissance. La préfète de région a créé un groupe de travail sur le thème " Brest 2e métropole ", la mécanique administrative est en marche, celle de la concertation senclenchera après les élections. Brest devrait avoir un jour les moyens dassumer son destin et les responsabilités qui vont avec. Olivier Boyer
Chiffres clés
- Pays de Brest : 89 communes, 374 730 habitants (44 % de la population du Finistère), 142 600 emplois, dont 96 200 dans la Cub.
- Cub : 213 541 habitants.
- Brest : 149 649 habitants.
- 87,5 %, cest le taux de réussite brestois au bac général (80,3 % en moyenne nationale).
- 23 276 étudiants à Brest.
- 1 800 chercheurs.
- 60 % du personnel français de la recherche océanographique.
- 6 232 personnes travaillent sur le site de Brest-Technopôle.
- 750 000 passagers par an à laéroport de Brest-Bretagne.
- 2,5 millions de tonnes/an au port de commerce de Brest, dont la moitié de produits alimentaires.
- 1er centre de réparation navale français.
- 3 365 lits au CHU.
- 300 000 entrées par an au Quartz.
- 473 200 visiteurs/an à Océanopolis.
- 2 064 associations à Brest.
- 172 000 hectares, la superficie du parc naturel régional dArmorique.
Etre à la pointe de tous les modes de transports
Jacques Kuhn, président de la CCI de Brest
Quel rôle doit jouer Brest dans le développement régional ?
Cela fait une dizaine dannées que la Chambre de commerce et dindustrie de Brest se bat pour que Brest soit une métropole déquilibre
La Bretagne a deux pôles : deux grandes villes distantes de 250 km, à chaque bout de la péninsule. Pour permettre un développement harmonieux de toute la région, il faut un équilibre est-ouest. Rennes, qui sest beaucoup développée depuis quelle est capitale régionale, ne peut entraîner le développement de la pointe de Bretagne. Brest doit jouer son rôle de seconde métropole.
En a-t-elle tous les atouts ?
Brest assure un grand nombre de fonctions métropolitaines comme léducation, la santé, la culture, la recherche, loffre commerciale
Mais notre position géographique fait que si lon veut être seconde métropole régionale, il faut être attractif nous le sommes et accessible
Quels enjeux pour les transports ?
Quand on est à la pointe, il faut être à la pointe de tous les modes de transports ; il faut être meilleur que tout le monde. Nos 2X2 voies doivent être mises aux normes autoroutières, sans péages ! Quant au ferroviaire
Brest doit être à une distance raisonnable, en temps, de Paris, soit 3 heures en desserte commerciale. Mais Brest doit aussi se rapprocher de Rennes : moins d1 h 30 en TGV si lon veut vraiment une métropole bipolaire. Les travaux doivent commencer par la pointe.
Il est indispensable que les chefs dentreprise aient une desserte aérienne forte. Cest à peu près le cas avec une offre de 10 allers-retours par jour vers Paris et de trois allers-retours vers Lyon et Nantes. Nous devrons développer le même type de vols avec dautres capitales régionales comme Toulouse et Marseille. Propos recueillis par Régis Fort
" Pas de locomotive sans wagons "
François Cuillandre, maire (PS) de Brest, président de la CUB
Brest 2e métropole bretonne, lidée nest pas nouvelle, mais semble aujourdhui mieux portée par lEtat.
François Cuillandre : En effet, il sagit de la continuation dun processus mais nous avons à présent une oreille plus attentive du côté des services de lEtat. La vision dun pôle déquilibre brestois faisant contrepoids à Rennes est partagée par le préfet du département et par la préfète de Région.
Quest-ce qui a réellement changé ?
Lenjeu est dassurer le développement dun pôle déquilibre régional en offrant aux habitants de louest de la Bretagne des infrastructures et services de caractère métropolitain, tels que le port, lhôpital, luniversité, etc. Nous posons cet enjeu depuis de nombreuses années. Aujourdhui, la question est appréhendée en termes, disons, plus étatiques.
Quattendez-vous de lEtat ?
Les déclarations de lEtat reconnaissant le rôle majeur de Brest sont importantes pour les citoyens brestois qui sont parfois sujets au pessimisme ou à une certaine forme dauto-dénigrement. Mais au-delà des discours, nous attendons du concret. Cest déjà le cas pour le projet de port du Château pour lequel 9 millions deuros ont dores et déjà été sanctuarisés, cest-à-dire réservés. De même, le chantier de modernisation de laéroport de Guipavas a été jugé prioritaire par la préfète de Région. Nous relevons des choix positifs quant à laffectation des fonds européens. Heureusement pour tous, dailleurs, que lagglomération brestoise était là quand il le fallait pour monter des dossiers.
Pour ce qui est de la desserte ferroviaire, il est clair que nous ne pouvons pas devenir une vraie métropole en nous contentant dun faux TGV.
Comment faire profiter lensemble du Finistère de cet essor métropolitain ?
Il nest pas question de se retrouver avec dun côté une ville qui grossirait démesurément et de lautre des villes moyennes comme Landerneau ou Morlaix qui seraient en situation de déclin. Il ny a pas de locomotive sans wagons.
Quid des relations avec Quimper ?
Pour linstant, les deux agglomérations coopèrent assez peu, même si nous traitons des dossiers communs, tels que lUBO. Avec Lannion, nous travaillons ensemble dans le domaine des télécommunications. Dans le domaine hospitalier, des synergies sont possibles avec Landerneau et Morlaix.
Pour lUBO, lenjeu est de retrouver un bassin de recrutement. Il faut faire en sorte que les bacheliers de Lannion ou ceux de Lorient se tournent plus volontiers vers la pointe de Bretagne.
Un réseau de villes serait-il une solution ?
Oui, mais dans la réalité les villes sont en concurrence. Au-delà des amitiés politiques, chacun a ses priorités de développement, ce qui implique la recherche dun consensus.
Ce que vous faites dans le Pays de Brest.
Dans le Pays de Brest, nous parvenons à éviter la mise en uvre de projets qui se neutraliseraient les uns les autres. Si nous neffectuons pas ce travail de hiérarchisation, dautres le feront à notre place. Le Pays de Brest représente laboutissement de 10 années de travail. Ici, les présidents de communautés de communes sont persuadés que le développement de la pointe de Bretagne nest possible quavec une grande ville qui joue son rôle de métropole. Nous avons commencé notre travail de conviction par les élus qui nous entourent et maintenant, cest le préfet.
Finalement, la décentralisation a du bon ?
Brest 2e métropole, cest un objectif, un peu comme un horizon jamais atteint, une ambition permanente. Quant à la décentralisation, cest un moyen, pas une fin en soi. Je reproche au gouvernement davoir fait de la décentralisation un slogan. Lusager se fiche du statut de celui qui est derrière la table. Il veut simplement que le service soit rendu vite et bien. Propos recueillis par Olivier Boyer
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" Un développement bipolaire pour la Bretagne "
Dominique Schmitt, préfet du Finistère
Aux yeux du préfet, Brest a vocation à devenir le second pôle de développement régional, en complément de la métropole rennaise. Cet effet dentraînement produit par laire urbaine profitera à lensemble de la Basse Bretagne. Lenjeu est déterminant pour les Finistériens, et pour leurs voisins.
Pourquoi Brest doit-elle devenir, en complément de Rennes, la seconde métropole bretonne ?
Dominique Schmitt : Parce quelle possède tous les atouts dune métropole régionale. En premier lieu, son aire urbaine accueille 350 000 habitants, cest la deuxième de Bretagne. Elle présente par ailleurs un arrière-pays extrêmement attractif. Son aéroport de Brest-Bretagne est déjà le premier de la région en trafic passagers (750 000 voyageurs). Il va connaître dimportants travaux qui augmenteront encore ses capacités. Comme métropole, elle offre de grandes qualités en matière de santé avec le centre hospitalier universitaire, lhôpital des armées Clermont-Tonnerre et un important réseau de cliniques. Mais Brest, cest aussi une grande métropole universitaire : lUBO et les grandes écoles, lEcole Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne (ENST Bretagne), lEcole Nationale dIngénieurs des Etudes et Techniques dArmement (Ensieta), lEcole Navale, lEcole Nationale dIngénieurs de Brest (Enib), lEcole Supérieure de Commerce et dAdministration des Entreprises (Escae Bretagne). Enfin, Brest est une métropole culturelle et touristique avec Océanopolis (près de 500 000 visiteurs par an), la scène nationale du Quartz (300 000 entrées par an) et le Musée de la Marine.
Brest est également une grande métropole maritime.
Cette richesse se décline en plusieurs volets. Brest représente lentrée maritime occidentale de la Bretagne et donc un accès privilégié au territoire national. Cest dabord un port bien équipé. Le port de commerce dispose dune passerelle ro-ro (roll on, roll off), dun terminal gazier et pétrolier, dun terminal vrac agroalimentaire, dune plateforme multimodale, déquipements frigorifiques. La pointe dArmorique offre aussi un port descale de croisière et un port de plaisance. Brest, cest ensuite un port abri, pivot de la sécurité maritime en Atlantique, siège de la préfecture maritime, porte dattache des remorqueurs de haute-mer. Cest une rade protégée permettant daccueillir les navires en difficulté mais également de pratiquer la voile par presque tous les temps. Brest est également le premier site français de réparation navale, aussi bien militaire que civile. Enfin, cest un centre de connaissances océanographiques exceptionnel, avec lIfremer (Institut Français de Recherche pour lExploitation de la Mer), le Cedre (Centre de Documentation, de Recherche et dExpérimentation sur les Pollutions), le Shom (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), le SETMEF (Service des Etudes Techniques, Maritimes et Fluviales) du ministère de lEquipement, lIUEM/UBO (Institut Universitaire Européen de la Mer), lIRD (Institut de Recherche pour le Développement) et lINSU (Institut National des Sciences de lUnivers).
Brest, cest enfin un Technopôle performant.
Il a dailleurs la configuration nécessaire pour être tête de ligne dun réseau de technopôles sur la façade atlantique. Il possède plusieurs domaines dexpertises. Dabord, les sciences et ingénieries océanographiques. Ensuite, les nouvelles technologies de linformation et de la communication, notamment avec lAgence Nationale des Fréquences et toute une série dentreprises qui interviennent dans le domaine des instruments et composants optiques. Autre pôle dexcellence : les sciences du vivant, avec lEcole Supérieure de Microbiologie et Sécurité Alimentaire de Brest, lInstitut des Sciences Agroalimentaires et du Monde Rural, lAgence de Sécurité Alimentaire des Aliments (spécialité poissons), auxquels sajoute, là encore, un ensemble dentreprises performantes. Enfin, le Technopôle brestois est expert dans le domaine de la matière, grâce au BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), à lIfremer et aux entreprises intervenant dans le domaine des composants électroniques passifs en hyperfréquence.
Pourquoi cette urgence à fédérer autour de Brest ?
Le développement de lIlle-et-Vilaine sest construit sur un socle métropolitain qui a porté le dynamisme démographique du département. Un tel processus est nécessaire dans le Finistère afin de retrouver une croissance démographique qui profitera aussi bien aux Finistériens quà leurs voisins.
Comment faire avancer le projet ?
Dabord en favorisant une réflexion approfondie autour des schémas de cohérence territoriale (Scot), notamment lors des " portés à connaissance " (*) et du processus dassociation, afin de favoriser une réelle prise de conscience partagée des territoires Finistériens sur cet enjeu dun développement bipolaire métropolitain en Bretagne. Sur la question des grands enjeux de lEtat, il est nécessaire de faire apparaître une politique daménagement du territoire qui repose sur trois concepts. Brest 2e métropole régionale est le premier dentre eux. En second lieu, il sagit de renforcer laxe Brest-Quimper et à travers lui lunité du département autour de son chef-lieu. Cest le corollaire du projet Brest 2e métropole. Le département souffre dun mode de développement où le nord et le sud signorent alors quils ont besoin de sappuyer lun sur lautre. Ce qui fait la force du Finistère, ce sont ses 850 000 habitants. Tout ce qui divise affaiblit lensemble du département. Brest a vis-à-vis de Quimper des responsabilités quelle doit assumer. Parallèlement, il faut que Quimper exerce ses responsabilités de capitale départementale. Troisième axe de notre politique daménagement : les pays. Il faut valoriser les spécificités de ces ensembles cohérents (Morlaix, Brest, Quimper, centre Bretagne ouest) qui concourent au développement, au dynamisme et à la richesse du Finistère.
Quel est le calendrier daction ?
Cette démarche requiert un large consensus, un partenariat impliquant la région, les départements, la CUB, la préfecture maritime
Dans le cadre de la réforme de lEtat, la préfète de Région va mettre en uvre son plan daction stratégique de lEtat en région (paser) au printemps 2004. Je réaliserai ensuite mon plan daction stratégique de lEtat en Finistère (pase) avant juin prochain. Je souhaite voir aborder ce concept dans le Paser. La préfète de Région a accepté de créer un groupe de travail à cet effet. A lissue des élections régionales et cantonales, ce groupe de travail aura vocation à sélargir aux collectivités. Propos recueillis par Olivier Boyer
*Documents remis par les services de lEtat aux responsables de la mise en uvre des Scot et destinés à appuyer leur réflexion.
" Il faut travailler en réseau "
Marc Labbey, premier vice-président de la Communauté urbaine de Brest
Brest métropole régionale. Est-ce déjà une réalité ?
Peu de régions ont une capitale à leur extrémité
Brest doit se positionner comme agglomération au service de la Bretagne occidentale et être utile à tout un territoire par ses fonctions métropolitaines : Brest a un grand CHU, est largement dotée en écoles dingénieurs, a un pôle universitaire généraliste, des laboratoires de recherche, une scène culturelle nationale (le Quartz) qui rayonne largement, accueille pratiquement toutes les grandes enseignes commerciales, a un aéroport et un port dintérêt national
Brest est en position dapporter des services à tout un territoire.
Comment franchir le cap de la métropole ?
Ce quil nous reste à faire, cest de travailler davantage en réseau. Il ny aurait aucun sens à tout concentrer à Brest. La technopole de Brest réfléchit par exemple à un partenariat avec celle de Quimper. Elle doit apporter son concours au développement dautres territoires. Cest sa vocation. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Brest un pôle déquilibre pour le développement régional. Cest un état desprit à développer. Limage de Brest ne correspond pas à la réalité. Il faut que les Brestois soient les ambassadeurs de leur ville. Il faut aussi que lOuest de la Bretagne partage lidée que lon peut regarder vers Brest, que cest ensemble que lon va construire à la pointe de la Bretagne une métropole nécessaire au développement.
Le Pays de Brest est un bon exemple de travail en commun.
Ce travail se fait depuis dix ans et commence à prendre de la consistance. Sil ny avait pas les infrastructures de la ville centre, les villes de lagglomération auraient du mal à se développer. Sans laéroport et ses dessertes de qualité, tout le monde serait pénalisé. Le Pays de Brest, cest aujourdhui 360 000 habitants, soit près de la moitié de la population du département, et 140 000 emplois.
Quelle évolution pour lemploi ?
Brest a connu des restructurations importantes dans les métiers de la Défense. Entre 1995 et aujourdhui, la DCN a supprimé 3 000 emplois et la sous-traitance en a perdu 600. La Marine représente aujourdhui 20 000 personnes qui font tourner léconomie locale. La DCN présente un plan de charge que beaucoup de chefs dentreprise aimeraient avoir. Mais nous avions anticipé sur la nécessaire diversification du bassin demploi. Il y a aujourdhui une forte proportion de lemploi dans le secteur tertiaire. Le commerce se développe. Il génère des emplois féminins qui en génèrent dautres. Brest sait mobiliser les acteurs de lemploi et a la capacité de répondre aux sollicitations dentrepreneurs. Les Brestois ont appris que lavenir était entre leurs mains et quils ne devaient pas tout attendre de lÉtat. Propos recueillis par Régis Fort
" Cest la volonté des Finistériens "
Jean Le Vourch, président dInvestir en Finistère
Brest 2e métropole régionale, est-ce une bonne solution pour le développement finistérien ?
Pour que les pays se développent, il faut des locomotives. Lessor brestois est évidemment un facteur positif mais Brest se développera dautant mieux que son arrière-pays progressera. Aujourdhui, la crainte que lon peut avoir, cest le développement de Rennes et Nantes qui pourrait mettre Brest à lécart. Les gens vont là où il y a des gens, les entreprises vont là où il y a des entreprises. Lattraction du nombre, ça existe. Nous avons toujours combattu cette menace. Il faut être vigilant sur cette bagarre entre bassins demplois.
Brest combat certains handicaps.
Quand une maison mère parisienne cherche des sites dimplantations dusines et quelle fait le compte des coûts de transport, le fait de ne pas avoir un vrai TGV représente un handicap lourd. Jai été très déçu pour la Bretagne quand jai appris la concrétisation du projet de TGV Méditerranée qui a mis Paris à trois heures de Marseille. En termes de géographie ferroviaire, Marseille remontait à hauteur de Valence alors que nous restions très au large dOuessant. Ceci dit, notre réseau de voies express gratuites constitue un avantage compétitif réel mais il nest plus suffisant pour compenser notre caractère périphérique. Mais pour moi lessentiel est de mettre en lumière nos atouts qui sont considérables. Quand les gens viennent sinstaller à Brest, ils ne veulent plus repartir parce que nous bénéficions ici dune qualité de vie exceptionnelle. Dans ce registre, un outil comme le Quartz est très important pour faire venir les cadres. Il ne faut jamais négliger les valeurs ajoutées que représentent la culture et lenvironnement. Elles sont de plus en plus souvent prises en compte dans les décisions de délocalisations.
Peut-on traduire en implantations dentreprises le potentiel de séduction touristique du Finistère ?
Dans notre département, agriculture et tourisme sont totalement complémentaires. La richesse de notre culture repose sur des gens qui vivent sur place et qui la portent. Plus il y aura demplois dans le Finistère, plus nos communes seront prospères, plus il y aura de touristes ici.
On parle beaucoup de fonds européens en ce moment. Sont-ils à vos yeux lune des clés du développement ?
Je préfère compter sur la volonté des Finistériens plutôt que sur les fonds européens. Pour ce qui est de leur utilisation, je pense quil est préférable davoir des projets structurants qui jouent un rôle de produits dappel comme dans un commerce. Cela permet à dautres projets de se greffer dessus.
Quel rôle peut jouer Investir en Finistère dans la construction de Brest 2e métropole ?
Aujourdhui, notre priorité est de contrer le développement du bassin de Rennes et cest une réelle difficulté. Au sein dInvestir en Finistère (*), nous avons trois objectifs : faire connaître les atouts et les succès du Finistère, faire venir des entrepreneurs et exercer un lobbying contribuant à améliorer la desserte du Finistère, en nous appuyant sur le réseau des CCI, des banques et des entreprises. De grandes entreprises comme Thales, Meunier sont très heureuses dêtre ici et dy trouver toutes les compétences dont elles ont besoin. Notre ambition est également daccélérer laccès local au haut-débit Internet qui constitue un élément structurant majeur du territoire. Il y a deux ans, ceci apparaissait comme une vue de lesprit. Aujourdhui, les opérateurs ont admis cette nécessité parce quils ont trouvé en face deux des gens qui en voulaient. Propos recueillis par Olivier Boyer et Régis Fort
*Lassociation Investir en Finistère a été fondée par les trois Chambres de commerce et dindustrie du Finistère, le Crédit agricole et le Crédit Mutuel de Bretagne. Jean Le Vourch est président de la Caisse régionale du Crédit Agricole du Finistère.
Port de commerce, porte de locéan En quelques années, le triste port et ses friches industrielles se sont refait une santé. Port dintérêt national géré par la CCI, loutil qui était longtemps resté une " ville " en dehors de la cité a bénéficié dune politique volontariste daménagement. Le port a regagné sa place dans le cur des Brestois.
Chaque année un peu plus, chaque année un peu mieux. Telle pourrait être la devise du port de commerce de Brest. Véritable plaque tournante de léconomie locale, léquipement constitue lun des éléments majeurs du désenclavement de la Bretagne occidentale.
Premier port européen dexportation de volailles congelées, et premier port national dans le traitement des conteneurs. Premier aussi pour la réparation navale.
Placé sous la gestion de la Chambre de commerce et dindustrie de Brest depuis sa création en 1881, loutil a su évoluer avec son temps. Il ny avait de toute façon pas le choix : " Le port permet à toute une industrie locale de pallier sa géographie excentrée. Sil fallait ne passer que par le rail et la route, le surcoût serait tel que les industries ne pourraient pas faire face. Le port essentiel au développement économique de la Bretagne occidentale ", rappelle Jean-Luc Peltier, directeur des équipements du port à la CCI.
Des équipements renouvelés Située à la pointe de la première région européenne en matière dindustries agroalimentaires, Brest ne pouvait pas se permettre de laisser vieillir les équipements portuaires. Derniers investissements en date : les installations dédiées au vrac agroalimentaire, et la plate-forme multimodale.
Pour prendre en charge ce vrac agroalimentaire, le port dispose aujourdhui de deux quais de déchargement, de silos et magasins de stockage, de grues adaptées, de bandes transporteuses
Bref, tout léquipement " susceptible de développer lactivité en la matière ". En tout, la capacité de stockage de vrac se monte à 120 000 tonnes, tandis que deux trains peuvent être chargés chaque jour
La plate-forme multimodale est, quant à elle, née entre 1997 et 1998, en pleine révolution du conteneur. Avec 600 mètres de quais, une plate-forme roro, des terre-pleins équipés de 200 prises, le port brestois a su prendre le bon tournant au bon moment. En 2003, le trafic de conteneurs a augmenté de 50 %, et devrait continuer dans les mêmes proportions en 2004
" Face au développement de la conteneurisation, il fallait investir. Sinon, on perdait tout le trafic. Aujourdhui, nous savons que ce marché va encore progresser de 50 %, notamment avec Doux, qui commence à passer son tonnage palette en conteneurs ", souligne Jean-Luc Peltier.
Expansion continue Avec 2,5 millions de tonnes de trafic en 2003, Brest poursuit son développement. Un mouvement ascendant qui ne sest pas démenti depuis près de 15 ans, et qui occupe de près ou de loin plus de 4 000 personnes. Outre lagroalimentaire, le port voit chaque année passer par ses quais des hydrocarbures (second tonnage à limport), du ciment, des huiles, des ferrailles
Le tout pour un trafic en provenance ou à destination du monde entier.
Prochaine étape : " Pour lheure, il sagit de consolider la position acquise grâce aux investissements. Développer les trafics aussi, mais cela dépendra bien sûr de léconomie de lindustrie de notre hinterland. Ensuite, mais à horizon de 10 ou 15 ans, il faudra bien sûr savoir sinscrire durablement dans le cabotage. "
En attendant, après 10 ans dinvestissements majeurs (à hauteur de 45 millions deuros), les grands travaux vont laisser la place à de plus petits chantiers, dont la restructuration de la plate-forme multimodale, ou encore la consolidation des quais sur pieu, en attente des crédits dEtat prévus dans le cadre du contrat de plan Etat-région. Elisabeth Jard
2003 : nouvelle année record
En 2003, le trafic du port de commerce brestois a approché son record historique de 1963, avec 2 517 386 tonnes. Principal poste à lorigine de cette belle performance : le vrac agroalimentaire qui connaît cette année une progression de 5 %, à mettre en regard de la crise généralisée du secteur. " Nous sommes dans cette situation un peu exceptionnelle, grâce à la présence de lusine Cargill à Brest ", rappelle Jean-Luc Peltier. A limport, tourteaux de soja (+88%) et huile de palme raflent la place dexcellence. La poudre de lait reprend également du service (+211%), quand les ciments, clinkers, viandes congelées ou pommes de terre saffichent à la baisse. Côté hydrocarbures en revanche, la situation est à nouveau satisfaisante (+10%), grâce uniquement au trafic dessence et de fuel.
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Réparation navale
Brest en tête de pont Les sombres heures de la réparation navale brestoise sont depuis longtemps archivées dans les mémoires des anciens. Après avoir vécu une grave crise au milieu des années 80, le secteur pointe aujourdhui à la première place nationale.
"En 1985, après que lEtat a décidé dinvestir dans la forme 3, il ny avait plus de travail. Les ateliers ont dû fermer : il ne restait plus à Brest que des outils, et des hommes sur le sable
", se remémore lactuel dirigeant de la Sobrena, Bernard Furic. Créée le 1er avril 1987 par Albert Meunier, la Société bretonne de réparation navale relève le défi, avec 160 emplois. Aujourdhui, ils sont 250 permanents, " mais le travail qui est amené à Brest par la Sobrena fait travailler entre 600 et 800 personnes en sous-traitance ", relève le Pdg. Premier site de réparation sur le territoire national, Brest, via donc la Sobrena, a réussi à se " refaire ", tandis que les autres chantiers français connaissent aujourdhui de grosses difficultés.
Chaque année, 40 à 45 navires passent dans lune ou lautre des trois formes de radoub, pour réparation ou entretien. Un équipement complet, qui attire des bateaux venus du monde entier, et notamment des ferries, des méthaniers et des shuttles tankers*. Trois " niches " dont Brest sest fait la spécialité, tout en accueillant également des bâtiments plus " classiques ", comme les caboteurs, les pétroliers, ou les vraquiers.
Lhorizon de la réparation navale brestoise apparaît donc comme dégagé. Pour autant, lavenir nest pas tout tracé : " Nous roulons actuellement à notre vitesse de croisière
En plein brouillard ! Mais on sait que la route est là ! Quelle sera sa qualité dans lavenir ? Cela dépendra aussi de nos concurrents ", estime Bernard Furic. E.J.
*Navettes entre les champs pétroliers et les ports.
ZAC
Un chantier de longue haleine
Suivant le schéma de référence portuaire cosigné en 1994 par lEtat, la Cub et la CCI de Brest, les différentes zones du front de mer se sont vues assigner des vocations différentes : nautisme et tourisme pour le Moulin Blanc ; industrie pour la zone centrale ; la ZAC pour le secteur proche de lextrême ouest du port civil.
" On était à lépoque sur une énorme friche industrielle qui donnait une image négative à lentrée de ville ", resitue Patrick Prigent, chargé du dossier à la Semaeb, qui gère la concession daménagement pour la communauté urbaine. Très vite, lidée de dédier le site à des PME-PMI est arrêtée. " Un travail de remembrement gigantesque a dû être effectué au préalable, de 1995 à 1997. Il a fallu déplacer la gare de marchandises et plusieurs équipements lourds. A partir de 2000, tout était prêt pour entamer la seconde phase daménagement. "
Quinze immeubles professionnels Depuis, tout a été très vite. " Lattente était alors très forte. Les gens étaient demandeurs, et les terrains se sont vendus, aussi bien pour des locaux dactivité que pour des bureaux ". Aujourdhui, la majeure partie du site est " prête à lemploi ". Six immeubles sont sortis de terre, et les terrains continuent à se vendre, à un rythme toutefois moins soutenu. " Il ne reste de toute façon plus beaucoup de terrains disponibles. On verra maintenant deux ou trois nouvelles acquisitions par an. Et dici quatre à cinq ans, lensemble devrait comprendre une quinzaine dimmeubles, représentant une surface de 40 000 mètres carrés de surface de plancher, composés de bureaux et de locaux dactivité ", prévoit Patrick Prigent.
Lensemble, qui aura nécessité un investissement global denviron 18 millions deuros, apparaît dores et déjà comme une franche réussite. Tant du point de vue de limage, que des retombées économiques : " Le tout devrait générer dans les 38 millions deuros de travaux privés : il y a donc un effet de levier considérable ", rappelle M. Prigent. Et ce nest pas fini. Car, avec le dossier du Port du château, il faudra alors " sattaquer " à la partie la plus occidentale du port civil, pour achever de parfaire lensemble. E.J.
Deux établissements Seveso
Dans la ligne de mire
Le danger ne date pas dhier. Les Brestois cohabitent depuis plus de trente ansavec les dépôts de gaz dImporgal et de pétrole de StockBrest, tous deux situés sur le port de commerce, et classés Seveso. Jusquici, tout sest bien passé. Mais on nest jamais trop prudent. " Des études de danger ont déjà été faites sur ces établissements, mais elles doivent évoluer en fonction des retours dexpérience ", rappelle Roland Meyer, le sous-préfet de Brest.
Classés dans la catégorie des installations à risques, les deux dépôts font aujourdhui lobjet dune double zone de protection, prévoyant de strictes restrictions à lurbanisme. Mais les fameux retours dexpérience, qui ont fait apparaître de nouveaux risques possibles, pourraient bien bouleverser cette donne dans le cadre de la directive Seveso II*. Les deux exploitants ont, ces derniers mois, dû procéder à de nouvelles études de risques, qui, après un premier examen de la Drire (Direction régionale de lindustrie, de la recherche et de lenvironnement), font actuellement lobjet dune expertise indépendante. " Il est possible que les résultats de ces nouvelles études conduisent à étendre lactuelle zone de sécurité. Cela créerait un conflit entre le souhait de développement de la zone portuaire et lobligation de mettre en sécurité la population ", rappelle le sous-préfet.
Réduire les risques à la source Afin déviter de telles conséquences, une étude complémentaire visant à trouver les moyens de réduire les risques à la source a dores et déjà été demandée par le préfet du Finistère à Imporgal**. " Réduire ainsi les risques permettrait déviter détendre le périmètre de sécurité, et de mettre le développement du polder en jeu ", résume Roland Meyer.
Des solutions de réduction des risques existent déjà sur dautres sites. Létude demandée permettra de déterminer si elles peuvent être mises en uvre par lexploitant brestois. La réponse devrait être connue dici lété, et rendue publique par la commission locale dinformation et de concertation du port de Brest, mise en place par la sous-préfecture en décembre dernier. Dici là, les actuelles zones de sécurité restent valables, même si la question de leur extension provisoire nest pas encore réglée. E.J.
* La directive Seveso a été modifiée en Seveso II, et introduite en droit français en mai 2000. Elle sapplique à tous les établissements classés " à hauts risques ". La Bretagne en compte 21 au total.
**Les risques étant moindres concernant le dépôt de pétrole de StockBrest
DCN, acteur stratégique La Direction des constructions navales, entreprise de référence mondiale, 3 200 salariés, un millier de sous-traitants, fait sa révolution culturelle.
DCN Brest, Les Brestois disent larsenal emploie 3 200 personnes aujourdhui. Cest le premier site industriel du bassin brestois. Après un reformatage justifié par la réduction des besoins en défense mille départs en cinq ans sur le site brestois , les effectifs ont retrouvé de la stabilité. En 2004, ils devraient en perdre quelques dizaines, en dépit dune centaine de recrutements, liés notamment à des départs à la retraite anticipée dans le cadre de décret amiante.
Avec ladoption dun nouveau statut, 2003 a marqué un tournant dans la vie de la Direction des Constructions navales, berceau du porte-avions Charles de Gaulle, de nombreuses frégates ou de plateformes offshore. Le 1er juin, DCN administration devenait société nationale de droit privé. Si elle reste détenue à 100 % par lEtat, elle voit désormais son activité soumise aux règles du code des marchés publics. Comme toute entreprise privée. Cela se traduit par une plus grande autonomie, une plus grande souplesse en matière dachats, de ressources humaines, dalliances industrielles. Autant de promesses de gain en termes de coûts, de délais. Dailleurs, plusieurs contrats ont été achevés avec plusieurs jours davance. Autre intérêt du nouveau statut : les entreprises locales, même de taille modeste, peuvent espérer devenir fournisseurs de DCN, qui, auparavant, privilégiait les marchés de masse.
Le Triomphant en grand carénage Une nouvelle culture sociale, économique, est en marche. " On ne parle plus de plan de charge mais de chiffres daffaires " dit encore le nouveau directeur de DCN, Yves Dubreuil-Chambardel. Ce changement de statut na pas perturbé les chantiers en cours dans la " business unit " DCN Brest. Lannée 2003 a été marquée par lavancement du grand carénage du SNLE (sous-marin nucléaire lanceur dengins) Le Triomphant, et la construction des deux BPC : bâtiments de projection et de commandement, le Mistral et le Tonnerre. Basé à lîle Longue, après des travaux lourds, le SNLE subira ces premiers essais en été 2004. A limage de 2002, lannée présente sera une bonne année, prédit-on à DCN.
Les deux BPC sont réalisés conjointement par DCN Brest et les Chantiers de lAtlantique à Saint-Nazaire. Le premier est chargé de la construction des deux blocs arrière, les seconds des blocs avant. En été 2004, la partie avant du Mistral sera transférée à Brest, et la liaison des modules avant et arrière sera réalisée dans la foulée pour une livraison en 2005. DCN voit dans lamélioration de son offre de service, tant au niveau de lentretien flotte que du soutien logistique, un autre objectif pour 2004.
En 2004 DCN poursuivra aussi son redéploiement physique sur le site. A terme, elle concentrera ses activités à Laninon et à la Pointe, en aval de la rivière Penfeld. Le plateau des Capucins, en Penfeld, sera libéré à la fin de lannée : pour les Brestois, cest lespoir de voir naître ici un nouveau morceau de ville dici quelques années. Au voisinage dun arsenal réorganisé pour mieux faire face à la concurrence. Monique Férec
Thales : As de la Défense Le site brestois de Thales compte 1 700 personnes dont 50 % dingénieurs.Près de la moitié des salariés ont été recrutés sur les quatre dernières années.
Le centre brestois de Thales fêtait son quarantième anniversaire en 2003. Ouvert en 1963, il accueillit à lorigine la CSF, qui rejoignait en 1969 le groupe Thomson. En 2000, Thomson-CSF devenait Thales. Avec près de 1 700 collaborateurs aujourdhui, des compétences de haute technologie, le site brestois de Thales regroupe des activités complémentaires dans le domaine des systèmes aéroportés et de la lutte sous-marine. Les activités de Thales systèmes aéroportés (TSA) sont notamment dédiées à la patrouille maritime et à la guerre électronique navale, celles de Thales Underwater Systems (TUS) étant plus spécifiquement orientées vers les systèmes de lutte sous la mer. Numéro 1 à lexport, n° 2 en Europe et n° 3 mondial, cinquante ans dexpérience, présent dans 50 pays, Thales est lun des principaux acteurs de lindustrie navale de Défense. Il offre des systèmes avancés répondant aux besoins stratégiques et opérationnels des marines nationales couvrant tous les aspects de la guerre navale. Les radars, sonars et systèmes de communication Thales équipent de nombreuses marines mondiales.
A Brest, un environnement favorable Le pôle brestois sest renforcé ces dernières années. " A Brest, 40 % des effectifs actuels ont été recrutés sur les quatre dernières années et le nombre dingénieurs et cadres a plus que doublé en 10 ans ", explique Hervé Moulinier, directeur de TSA. Cette dynamique est le fruit de mouvements successifs de décentralisation de Paris vers Brest depuis la fin des années quatre-vingt-dix, initiée par le groupe Thales avec le soutien des collectivités locales : Cub, Conseils général et régional, mais aussi lunion européenne, de la chambre de commerce de Brest, et de la Datar. " De 1999 à 2001, lensemble des activités de guerre électronique navale de Thales a été transféré sur Brest. En 2001, deux centres de compétence suivaient le même chemin alors, que, parallèlement, certains métiers se renforçaient. On estime à 150 le nombre de recrutements entre 2001 et 2003. Le groupe a profité des capacités locales et des liens avec la recherche et le tissu universitaire pour confier à Brest des opérations plus complètes ". Tout cela est bon pour Brest, dautant que Thales contribue directement à lemploi local en sous-traitant des services de proximité à trois cents personnes environ. Depuis quarante ans, le site brestois de Thales entretient des rapports étroits avec la Marine et lAéronavale, installées dans la région brestoise. Dans le même temps, le site développe des liens avec lenseignement supérieur et la recherche. Des collaborations sont en cours avec quelques-unes des huit grandes écoles et le nouveau CERV, le centre européen de réalité virtuelle, dans des domaines davenir comme le traitement du signal. Monique Férec
65 000 salariés, 50 pays
Thales est un groupe major mondial de lélectronique. Il compte 65 000 personnes réparties dans 50 pays.
- 60 % du chiffre daffaires est réalisé à la défense, 16 % à laéronautique et 24 % aux technologies de linformation et services.
80 % de lactivité de Thales concerne la sécurité, des territoires, des états, des personnes, du transport aérien, des réseaux Internet, des transactions électroniques.
Thales Systèmes Aéroportés : guerre et pêche
Lactivité systèmes aéroportés de Thales emploie plus de 1 200 personnes, dont près de 550 ingénieurs et cadres hautement qualifiés. La production : petite série, prototypes, intégration, mobilisent un quart des effectifs. Lessentiel de la matière grise nourrit la recherche-développement. Lactivité se répartit à part égale entre trois domaines dactivités. La patrouille maritime, qui implique la conception de radars, systèmes de communication en mer et au sol pour la surveillance de la pêche, la recherche de pollutions, la surveillance des zones maritimes économiques. La guerre électronique navale (n° 1 mondial) : Thales est le premier exportateur mondial en systèmes de guerre électronique. Ici, il fournit les forces de plus de 50 pays en matière de renseignement électromagnétique systèmes dautoprotection contre les menaces radar et missiles
troisième volet : les activités liées aux avions de combat. Thales est un partenaire de premier plan dans le plupart des programmes européens davions de combat de dernière génération (Rafale, Mirage 2000
) Pour le Rafale, le groupe a mis au point le radar RBE2, qui est le premier radar multifonctions à balayage électronique produit en série en Europe.
Thales Underwater system : à la chasse aux mines
Le premier sonar français de chasse aux mines, encore en opération à la fin des années quatre-vingt-dix, avait été conçu à Brest. On le devait à Thales Underwater system, qui emploie 475 personnes aujourdhui sur le site de Brest. Les spécialités de cette filiale sont la lutte anti-sous-marine aéroportée, la guerre des mines, lactivité mécanique marine, lélectronique de puissance. En sinstallant à Brest en 1969, lentreprise avait lambition de se rapprocher du grand centre de guerre anti-mines de la Marine française et de sa base de sous-marins nucléaires, protégée par les chasseurs de mines et leurs sonars. Cette unité cultive une excellence qui est toujours de mise. Thales fournit les systèmes sonar de tous les sous-marins nucléaires des marines nucléaires et françaises. La société a aussi équipé plus de la moitié des bâtiments de chasse aux mines en service actuellement dans le monde ! Si Thales est premier exportateur mondial des systèmes sonars, la France, avec Brest, prend sa part dans cette réussite, avec des autres sites Thales implantés en Grande-Bretagne et en Australie.
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Brest-Bretagne prend son envol Il est déjà le premier aéroport régional par le nombre de passagers (750 000 par an). Un chiffre qui pourrait doubler dici à 2015. Un programme de modernisation, qui comprend notamment la construction dune nouvelle aérogare, va inscrire définitivement Brest-Bretagne dans la famille des aéroports métropolitains.
La qualité de la desserte et des services aériens est capitale lorsque lon souhaite affirmer une dimension métropolitaine. Dans ce domaine, Brest sest donné les moyens de son ambition. Laire urbaine dispose déjà du premier aéroport breton pour le trafic passagers (750 000 voyageurs en 2003 contre
200 000 en 1980). On a connu essor moins convaincant. En 1998, la CCI de Brest a déjà piloté une première extension de laérogare. 1 200 m2 supplémentaires avaient été construits. Mais cela ne suffit plus aujourdhui.
Les attentats du 11 septembre ont conduit à repenser les procédures de sécurité. Laéroport brestois doit également sadapter à la nouvelle typologie des avions (tailles différentes, fréquences plus importantes, davantage de destinations). Il doit enfin répondre à la hausse continue de son trafic. Plusieurs études prospectives, dont celle réalisée par lInstitut du transport aérien, montrent que le trafic devrait atteindre 1,4 million de passagers à lhorizon 2015, soit presque deux fois plus quaujourdhui. Doù la nécessité pour la CCI de Brest de reconfigurer laéroport. La nouvelle zone terminale comprendra une aérogare passagers dune surface de 20 000 m2 qui jouxtera laérogare fret, un parking autos de 1 200 places (portant la capacité totale à 3 000 places) et un parking avions de 40 000 m2 (qui viendront sajouter aux 10 000 m2 existants). Ces 40 000 m2 nouveaux de parkings avions permettront laccueil simultané de quatre avions moyens porteurs (type Airbus A320 ou Boeing 737) sur des postes de stationnement raccordables et de quatre petits porteurs de type CRJ 100 et 700. Les travaux sur les parkings avions devraient se poursuivre jusquen avril-mai 2004. La CCI de Brest, gestionnaire de laéroport, en est le maître douvrage, la direction départementale de lEquipement (DDE) du Finistère le maître duvre. Parallèlement à ces travaux, les études sur laérogare et les infrastructures côté ville (parkings visiteurs, voie daccès, réseaux deau, délectricité et de gaz) se poursuivent.
Ce nouvel outil, créateur de proximité et dattractivité, est également créateur demplois. Aujourdhui, la plate-forme aéroportuaire brestoise génère plus de 600 emplois directs et au moins autant demplois indirects. Au printemps devraient avoir lieu les appels doffres concernant la construction de la nouvelle aérogare et des infrastructures. Le démarrage des travaux est envisagé pour lautomne 2004, la fin des travaux pour décembre 2006 avec une mise en service de la nouvelle zone terminale prévue au premier trimestre 2007.
La nouvelle aérogare sera un espace de vie, danimation et de communication. Il sera possible, par exemple, de voir les avions décoller et atterrir depuis le hall public grâce à une vue panoramique. La question de la sûreté a aussi fait lobjet dune attention particulière. Cette nouvelle aérogare sera la première en France à être conçue selon les dernières normes internationales de sûreté mises en place depuis le 11 septembre. Le bâtiment, dune hauteur de 19 mètres, sera construit sur trois niveaux. Il sera équipé de passerelles télescopiques et disposera de bars, commerces, restaurants
Le montant global du projet est aujourdhui estimé à environ 43 millions deuros (hors raccordements routiers), dont 29 millions pour la construction de laérogare. Le complément comprend les travaux déquipements associés à la construction des parkings avions, des voies daccès, des réseaux divers, des parkings autos, des études et des acquisitions foncières. Le financement est assuré par la Chambre de commerce et dindustrie de Brest (20 %), lEtat et lEurope (25 %), le Conseil régional de Bretagne (27,5 %), le Conseil général du Finistère (15 %) et la Communauté urbaine de Brest (12,5 %).
Avec cette nouvelle aérogare, laéroport de Brest-Bretagne proposera le meilleur niveau de confort pour tous les utilisateurs. Il apportera à Brest lune des composantes essentielles de sa fonction de métropole de la Bretagne occidentale. Olivier Boyer
Communauté urbaine
Trois décennies de solidarité La Communauté urbaine de Brest aura trente ans en 2004. Progressivement, lintercommunalité a gagné du terrain. Jusquau Pays de Brest.
Les Finistériens sont doués pour lintercommunalité. Brest et sept communes voisines la vivent depuis 1974 au sein de la communauté urbaine de Brest. Cette dernière était lune des premières créées en France. La Cub, cest 214 000 habitants, entre Brest, Bohars, Gouesnou, Guilers, Guipavas, Plougastel-Daoulas, Plouzané et le Relecq-Kerhuon. Elle enregistre une hausse démographique de 4 % par rapport au dernier recensement. Avec 150 000 habitants, Brest représente 70 % de la population totale. Bohars est la plus petite des communes (3 250 habitants : +6,6 % depuis 1990), Guipavas et Plougastel les plus grandes (12 862 et 12 471). Et cest Gouesnou qui a enregistré le plus forte augmentation de population de 1990 à ce jour (6 200 habitants, + 13 %). Cest ici aussi que le potentiel fiscal est le plus élevé. 75 % de la taxe professionnelle est récolté sur Brest.
Ici comme ailleurs, lintercommunalité est justifiée par un triple objectif : la mise en commun de services, la cohérence, la solidarité de territoire. Cette solidarité est logique. Brest, qui a lambition daffirmer sa place de métropole régionale, est un grand pourvoyeur demplois. La ville concentre la majorité des emplois tertiaires, accueille 23 276 étudiants, des milliers de chercheurs, un site DCN (3 200 emplois) un centre hospitalier universitaire, des grands groupes comme Meunier, Thalès
Brest senrhume et cest tout son territoire qui tousse. Brest gagne de lemploi, et ce dernier respire. Dun autre côté, larrière-pays (quelle vilaine formule) alimente aussi ce réservoir de bras et de matière grise. Brest en a besoin. Un tissu rural étiolé ne ferait pas son affaire. Les artisans du projet dagglomération de Brest le disaient en ces termes : " ce qui est vrai pour le pays est vrai pour la communauté urbaine de Brest ".
La ville grandit en sétalant Dans le fond, la dimension de communauté urbaine, et même, de pays, relève de lévidence. Le développement de lagglomération est centrifuge, la ville grandit en sétalant. Sur la dernière décennie, la croissance démographique a été plus rapide en périphérie. La croissance de celle-ci est alimentée par des " transfuges " du milieu urbain. Chaque année (source : projet dagglomération de Brest), 850 familles quittent Brest pour se réinstaller dans les couronnes : 350 dans la première (Cub), 500 hors Cub, où le terrain est moins cher. La tendance est celle dune interdépendance croissante des milieux urbains et ruraux du pays de Brest. Les ménages brestois devenus campagnards au nom dun choix lié au mode dhabitat nen profitent pas moins des avantages culturels, économiques liés à la proximité de Brest, agglomération où ils travaillent la plupart du temps. Difficile de concevoir comment les dossiers de leau, des déchets, des transports, pourraient être analysés, décidés, au niveau dune seule commune, ou de Brest seul. Ce nest pas pour rien que le pays de Brest est lui aussi sur les rails depuis 2001. Il faut voir dans la signature conjointe en 2003, du contrat dagglomération (stratégie à quinze ans) et du contrat de pays, la volonté dune intercommunalité élargie au bassin demploi et de vie.
Une stratégie de développement Quoi quil en soit, lheure nest ni à la modification du territoire de la Cub, ni à la suppression des communes. Les populations sont attachées à leur identité, comme à leurs édiles, même si deux visions peuvent parfois sentrechoquer : celle des communes soucieuses de gérer leurs biens en " bon père de famille " et celle dune communauté pour laquelle le développement durable implique une vision et des ambitions dinvestissement à plus long terme. Entre les deux, il y a une notion médiane, celle de la bonne gestion, traditionnellement au cur de la bataille politique. La prochaine aura lieu en 2006 : il sagit des municipales. Quelle quen soit lissue, on peut constater que pendant les trois décennies écoulées, la communauté urbaine a joui dune sérénité relative, dun climat plutôt consensuel qui a favorisé sa maturation, en dépit de la diversité des étiquettes politiques. En trente années, la Cub est passée de la gestion collective de services à lélaboration dune stratégie de développement global à long terme. Cet angle, forcément plus politique, renforcera-t-il les crispations ? Monique Férec
Qui fait quoi ?
La Cub au service dun territoire
La Cub compte 1 250 agents permanents (beaucoup plus si on compte les emplois saisonniers et temporaires). Compétences principales : la création de Zones daménagement concerté, la politique foncière, les schémas directeurs et documents durbanisme (Le Plan local durbanisme, piloté par la Cub est actuellement à létude), les services dincendie et de secours, les transports urbains (un projet de tramway est sur les rails), leau et lassainissement, la collecte et le traitement des ordures ménagères, le logement et organisme HLM, léclairage public des grands axes, le stationnement
Plusieurs grands équipements ont été transférés à la Cub au nom de lintérêt communautaire. Ainsi, leur coût ne repose pas sur les seules épaules des Brestois, mais sur la Cub. Ils peuvent être gérés par la Sopab, société déconomie mixte délégataire. Cest le cas dOcéanopolis, du Quartz, du port de plaisance, du parc de Penfeld, des zones dactivités, des pépinières, du Technopôle, de la patinoire, des piscines.
Le futur centre des musiques actuelles, lEcole nationale de musique et le Simurel, les offices du tourisme, le musée des Beaux-arts, la mission locale, relèvent aussi de la Cub.
Les communes championnes de la proximité Les communes assurent la relation de premier rang avec la population, dans les services de la vie quotidienne, la solidarité, le cadre de vie, la sécurité (*), le cadre de vie, laction socioculturelle et sportive.
Entre Brest et la Communauté urbaine, les liens sont très étroits. Les deux collectivités rassemblent 3 000 personnes, les services de la Ville de Brest en comptant 1 700 personnes. Par rapport à ses consurs nationales, la Cub est marquée par le poids très fort de la ville centre (71 % de la population). Les mêmes élus président à leurs destinées respectives. Les services de lune et de lautre se sont rapprochés au fil des ans, et, depuis 2001, une direction générale unique pilote les deux collectivités. En 1989, le maire de Brest devient président de la Cub. En 1993, la Cub est compétente en matière de développement économique, alors quune réflexion était engagée sur linterdépendance entre les différents territoires de ce qui nétait pas encore le pays de Brest. Entre 1996 et 2001 ; plusieurs services sont unifiés : communication, services ressources humaines (1999), régie bâtiment, finances. En 2004, dautres services seront mis en commun à la Ville et à la Cub : patrimoine logistique, administration, services intérieurs
Cette démarche dunification des services ne concerne que la ville de Brest.
" La recherche constante du dialogue "
Henri Pailler, maire de Guipavas
Pour Henri Pailler, 66 ans, maire de Guipavas, qui se définit volontiers comme un homme pragmatique et un élu un peu atypique, " la solidarité est nécessaire ". Et en ce qui le concerne, elle est aussi mise en uvre avec bonne volonté.
" Le choix de regroupement qui sest fait il y a trente ans, (sous la houlette de Georges Lombard), simposait. Cela permettait de mieux répondre aux besoins des habitants tout en faisant des économies déchelle. En regroupant des services, les communes sont parvenues à offrir un même niveau de prestation. Ceci dit, on ne peut pas tout transférer. Il faut laisser aux communes ce qui peut être bien fait à leur niveau, comme lentretien des espaces verts de proximité, le fleurissement
Les économies déchelle ne sont pas les seuls critères à prendre en compte. La réactivité et la productivité en sont dautres. Qui, sinon la commune, connaît bien sa population, son territoire. Lintercommunalité ne doit pas induire la déresponsabilisation des communes. Elle doit au contraire mieux décentraliser vers ces dernières, qui sont des réservoirs dun vrai savoir-faire. La Cub gagnerait à sappuyer davantage sur elles ".
Henri Pailler ajoute : " Cest la seule communauté de France où le poids de la ville centre est si important. Mais ses artisans ont su éviter le déséquilibre à travers le dialogue et la recherche constante du consensus, de léquilibre et de la solidarité. Tant que les acteurs de la Cub resteront persuadés que la force de lintercommunalité est dans ces valeurs, les choses avanceront. On ne peut tout faire avancer avec la force politique. Lintercommunalité, cest se fondre dans un esprit. Cest difficile ! Il faut éviter la jalousie, avoir un esprit douverture communautaire. " Henri Pailler invite enfin la Cub à poursuivre son mouvement de rationalisation des moyens et des services, qui est en cours. " Il faut veiller à ne pas compliquer les choses et perdre trop dénergie. La structure ne doit pas être trop administrative, cest antinomique dune communauté urbaine de projet, qui qualifie la Cub aujourdhui. " M. F.
" Lhabitude de travailler ensemble "
Jean Mobian, maire de Guilers
Jean Mobian est maire de Guilers (7 500 habitants) et conseiller général. Il ne siège pas au conseil communautaire, mais y siégeait lors du précédent mandat. " Il nest pas pensable de tout transférer à la Cub. Tout ce qui pouvait présenter un intérêt communautaire a été transféré. Il faut maintenant digérer tout cela. Les domaines qui restent dévolus aux communes laissent de la marge. Il sagit de lenfance, des écoles, de la vie associative, de laction sociale, la politique culturelle, sportive. Ce sont des questions importantes. La vie associative, cest plus que de la convivialité, cest le lien social. La commune, cest lapprentissage de la citoyenneté, en même temps quun lieu auquel les gens peuvent sidentifier. La Cub existe, et cest nécessaire. Laction communale est complémentaire. Il y a un petit jeu qui consiste à dire : les choses vont bien, cest la commune, quand quelque chose cloche, cest la Cub ! Mais dans le fond, ce nest pas très grave. "
Jean Mobian insiste sur la communication. " Il est important que linformation circule bien dans les deux sens communes-Cub et vice versa. Entre la Ville de Brest et les services de la Cub, les liens sont étroits : de nombreux services ont fusionné, et le voisinage des sièges respectifs, tous deux au centre-ville, favorise les échanges. Je tiens à ce que les questions de la Cub soient abordées le plus souvent possible dans les communes, dans les conseils municipaux. " Ce maire suggère maintenant quà lintérieur du territoire de la Cub, " les communes discutent davantage entre elles, quelles examinent comment elles peuvent travailler en réseau, et de manière plus complémentaire. "
Et cest le conseiller général qui conclut : " Lintercommunalité est solide dans le Finistère. Les gens ont lhabitude de travailler ensemble. Il ne faut pas opposer la ville aux communes, ni les ruraux aux urbains. " M. F
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Têtes chercheuses
Brest, pôle dexcellence scientifique et technique. En matière de formation de pointe, comme dans le compétitif monde de la recherche océanographique, la cité du Ponant fait désormais figure, au niveaux national et international, dacteur incontournable. Une position acquise au fil du temps, et qui na sans doute pas fini de se conforter.
Côté recherche, la ville a su miser sur ses atouts naturels, en développan un système de pointe en matière docéanographie. De lIfremer au laboratoire de lécole navale, lEpshom, ou lIUEM, les plus grandes pointures scientifiques ont élu leurs quartiers à la pointe finistérienne, tissant de fait une parfaite toile de compétences que beaucoup jalousent aujourdhui.
A cela sajoutent nombre détablissements de formation supérieure qui attirent chaque année les élites de demain, en matière de sciences et de technologies. Parmi eux, lENSTB, lEnib ou encore lEnsieta font figure de références incontestées. Sans compter les multiples filières de lUniversité de Bretagne occidentale qui, elles aussi, ont su se créer une place de choix dans le paysage de la formation et de la recherche.
Renommée internationale océanographique
"Cette excellence est évidemment notre fer de lance. Mais il ne faut pas oublier que tout cela est le fruit dune vieille histoire, construite sur près de 20 ans. Et aujourdhui, oui, on peut dire que nous sommes dans une véritable logique dexcellence en sciences de la mer ", synthétise Jean-Claude Bodéré, le président de lUniversité de Bretagne occidentale.
Lhomme a participé à laventure, depuis ses prémices. Paul Tréguer, directeur de lInstitut universitaire européen de la mer (IUEM) aussi : " Depuis 1975, lUBO disposait dun réseau de scientifiques, mais sans aucune visibilité extérieure. A partir de 1991, lidée de lIUEM sest montée sur la volonté de donner justement une lisibilité, à léchelle nationale et internationale. "
Excellence tous azimuts Créé en 1997, létablissement, émanation de lUBO, regroupe aujourdhui 150 chercheurs (dont 50 du CNRS) ou enseignants chercheurs, 330 étudiants, et accueille régulièrement des scientifiques venus du monde entier. Triple mission de lensemble : lenseignement (interne, mais aussi au sein de lUBO), la recherche en sciences marines et lobservation du milieu marin. Récemment doté dun outil unique en matière de documentation scientifique marine, la bibliothèque La Pérouse, lIUEM entretient soigneusement ses atouts. " Lattractivité de lIUEM se vérifie par le simple fait que nous collaborons aujourdhui à près de 200 programmes de recherche internationaux, et que nous participons de plus en plus à la structuration de la recherche européenne, à travers notamment quatre gros programmes de recherche en sciences de la mer ", évoque Paul Tréguer.
Des recherches tous azimuts, qui voient les chercheurs collaborer principalement avec lAmérique, lAllemagne et lAngleterre. De quoi attirer les étudiants de tous horizons à la pointe finistérienne : 15 à 19 % des effectifs annuels sont ainsi composés détrangers. " Et une fois formés, nos étudiants partent aussi bien travailler en Europe, quen Chine, ou en Amérique. " Pour autant, lIUEM cultive aussi les atouts locaux, en travaillant avec de nombreux acteurs du secteur. Epshom, Ecole navale, Institut polaire
: les occasions de synergie ne manquent pas, et sont même la clé de la réussite internationale brestoise.
Du local à linternational Autre partenaire dévidence : lIfremer. Apparu sur les hauteurs du technopôle à la fin des années 60, et rallié sous lappellation actuelle en 1984, le site brestois, qui chapeaute lensemble des stations maritimes bretonnes de sa maison mère (depuis Saint-Malo jusquà Lorient en passant par Roscoff), relie de fait la moitié des effectifs nationaux de linstitut public ! En sus de ses propres troupes, lentité accueille également sur son énorme campus les antennes de nombreux autres établissements scientifiques (Institut Paul-Emile Victor, IRD, AFSSA, etc.).
Seul établissement de lIfremer national à afficher une vocation uniquement maritime, il a pour mission la recherche océanographique, lexpertise et le conseil, ainsi que laide au développement économique du monde maritime. Une pluridisciplinarité qui conduit les chercheurs brestois à travailler en permanence à léchelle de la planète, dans un domaine qui compte chaque jour un peu plus.
Découverte de molécules enfouies au fond des mers qui serviront à élaborer de nouveaux médicaments, étude des mécanismes marins interférant sur lévolution du climat, élaboration de technologies capables de puiser du pétrole à 3 000 mètres de fond : tout ce qui touche à la mer a à voir avec lIfremer. Et inversement.
Présents sur tous les fronts de la recherche océanographique mondiale, les chercheurs brestois contribuent de façon non négligeable à lavancée des connaissances. Une renommée incontestée et incontestable qui, logiquement, rejaillit sur Brest : " Lattractivité locale repose sur les moyens dont disposent les équipes, et sur leur intégration dans les programmes internationaux ", assure Gérard Riou. A lIUEM, le son de cloche nest pas différent : " Certes, les retombées locales en matière demplois directs peuvent ne pas sembler énormes. Mais le calcul doit être plus ambitieux. Si Brest navait pas fait ce choix de lexcellence, les gens seraient partis voir ailleurs
Et cet investissement apporte aujourdhui une renommée nationale et internationale à la région ". Elisabeth Jard
Enib
La réalité virtuelle débarque au technopôle
Dici au printemps, un outil unique en France viendra compléter linfrastructure de lEnib* sur le site du technopôle : le centre européen de réalité virtuelle. Dans le cadre du contrat de plan Etat-Région, ce centre permettra aux chercheurs de lEnib mais aussi de lUBO ainsi quaux étudiants de dernière année, dy poursuivre leurs travaux de recherche et développement. Objectif ? " Rendre autonomes les modèles numériques. Il peut sagir de créer des pompiers virtuels qui vont tester les pratiques du réel dans un site Seveso. Ou de modéliser le mécanisme de coagulation du sang, pour parvenir à minimiser les erreurs actuelles de dosage des médicaments ", explique Jacques Tissot, responsable du projet à lEnib. Dores et déjà, ces recherches ont conduit certains des étudiants à monter leur propre entreprise dans la pépinière de lécole, et à travailler avec des sociétés de la région.
Le nouvel équipement laissera également un peu plus despace aux quelque 860 étudiants issus de toute la France et venus se former à linformatique appliquée à lindustriel. Chaque année, 170 dentre eux décrochent un diplôme, passeport vers le monde des grandes entreprises, françaises ou étrangères.
*Ecole nationale dingénieurs de Brest, antenne spécialisée en informatique du groupe national des ENI.
UBO
Petite bretonne devenue grande
La petite université du bout du monde nen est plus à lheure des complexes. Forte de plus de 16 000 étudiants, lUBO développe également une mission dexcellence, qui sappuie logiquement sur les compétences locales de la recherche. Outre sa mission généraliste et pluridisciplinaire, lUBO sest progressivement spécialisée en de nombreux domaines, lui apportent toujours plus de renommée. En sus de ses participations dans le domaine des sciences de la mer, létablissement tire son épingle du jeu dans la recherche médicale (2 équipes Inserm), ou encore dans celui de lélectronique et des systèmes de communication, en lien avec les écoles dingénieurs et des laboratoires.
Ensieta
Une jeunesse bicentenaire !
Cest sans doute la doyenne. Créée à Brest en 1812, lécole des arsenaux de la marine a bien changé
Depuis 1990, elle a même ouvert ses portes aux civils, qui représentent désormais les 2/3 de ses effectifs. Des troupes qui dailleurs, sur la même période, ont tout simplement doublé. Bref, lEnsieta a su tirer son épingle du jeu de la restructuration et entend bien poursuivre sur la même lancée. Dici un an, de nouveaux locaux denseignement viendront désengorger les infrastructures actuelles, tandis que, dans le cadre des budgets alloués à la restructuration de la Défense, un nouveau centre de recherche sortira de terre. A terme, il permettra de doubler la capacité des laboratoires de recherche de lEnsieta, en accueillant 60 nouveaux chercheurs issus du monde entier. La maîtrise douvrage de lensemble a été déléguée à la Semaeb, pour un projet financé à 80 % sur les fonds de lécole publique, le reste étant pris en charge dans le cadre des fonds réservés à la restructuration de la Défense.
Dans leur grande majorité, les ingénieurs de lEnsieta sont appelés à travailler pour de grands groupes internationaux. " Nous amenons des gens à Brest, puis ils repartent diffuser une image des plus positives de la ville dans le monde entier ! Nous avons deux siècles, mais cette école est en fait toute neuve dans son dynamisme et son ouverture ", assure Philippe Le Glas, le directeur de la " vieille dame "
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