Le cur de Beg-meil balance
Petite cité balnéaire du Finistère sud sur la commune de Fouesnant, avec ses kilomètres de plage et sa célèbre cale, Beg-meil a de quoi faire rêver les baigneurs.
A Beg-meil, si ce nest aux plages, toutes les routes mènent à la cale. Dans ce petit bourg rattaché à la commune de Fouesnant, les grands axes épousent les côtes, du port à la pointe sud.
Au départ, Beg-meil est le nom de lavancée de terre qui sépare les 2 façades côtières du site. De part et dautre, les plages se succèdent de façon quasi continue. Face à Concarneau, à labri de la baie de la forêt, lendroit était donc idéal pour une communauté de pêcheurs. Le port du bourg, la " cale ", se passe dailleurs de digues. Il tire parti du site naturel, une plage abritée. A Beg-meil, le gros du " bâti ancien " date de la fin du XIXe siècle. La rue des Glénan, qui rassemble de nombreuses commodités et fait office de centre commerçant donne directement sur le port.
Avec les constructions daprès-guerre, le bourg sest aussi étendu " côté terre ". Le long de petites routes boisées, les promeneurs peuvent profiter du coup dil sur les jardins des maisonnettes. Lhortensia est partout.
Plus inattendu, une cidrerie sest fait une place en plein champ. Depuis 1989, Beg-meil produit un cidre dappellation dorigine contrôlée (AOC) " cidre de Cornouaille ". Le propriétaire de la cidrerie, Claude Goenvec, la baptisé Menez Brug.
Cependant, les chemins de Campagne ont beau être appréciés des cyclistes, à Beg-meil, définitivement, on reste tourné vers la mer.
Bien sûr, comme le déplorent les 2 marchandes de poisson de la Cale, lactivité du port nest pas à la hauteur du passé. En 1976, 27 bateaux travaillaient à Beg-meil à lannée. Aujourdhui, le Rémora et le Phnix sont les seuls à prendre la mer. Leur pêche fournit largement létal de vente directe tenu par la mère et lépouse respectives des capitaines. Du lundi au samedi matin, les maquereaux, merlans, tacots, sardines, tourteaux, étrilles et homards de ces dames attendent donc preneurs. En prime, Françoise et Marie informent volontiers sur la marchandise : le temps de taquiner un homard, le curieux apprendra que le chinchard est le poisson le plus vitaminé, le merluchon celui qui a le moins darêtes et le touriste une espèce bien étrange observable seulement à partir de la mi-juillet.
Alors certes, on est désolé dapprendre que les marins-pêcheurs de la cale ne trouvent pas de successeurs et cesseront bientôt leur activité. Cependant, à considérer lanimation quotidienne du port, on a tôt fait de se consoler. Entre lécole de voile, lécole de plongée et loffice du tourisme, les raisons de sattarder ne manquent pas. Sans compter que de chaque côté du quai, cest la plage
En été, lendroit est un mouillage apprécié des plaisanciers.
Quant à ceux qui ne se contenteraient pas de ces attraits, ils sont libres de partir
pour les Glénan. Une liaison est assurée tous les jours à 10 h et 14 h avec larchipel.
Pour ceux qui voudraient saventurer hors du port sans pour autant prendre le large, loffice du tourisme a encore une réponse : les sorties nature. La promenade commence au départ du chemin creux, au-dessus du port, direction les plages de la pointe de Beg-meil, au sud. En route, les grives et mésanges sont au rendez-vous. A larrivée ce sont les dunes de la plage de Kermyl et ses mouettes ou huîtriers. La flore, du rhododendron des bords de route aux oyats des dunes, est elle aussi couverte par la visite. Sur la plage, labondance des laminaires et des goémons que dépose la marée témoigne de la vitalité de lenvironnement marin. Ici, les algues vertes sont rares. On se souvient encore d "années terribles ", mais cet été encore, la saison sannonce sous de bons augures. Seule ombre au tableau, le pavillon bleu obtenu lannée dernière na pas été réattribué. En cause, les galettes de pétrole du Prestige. Pour le touriste cependant, rien ny paraît. Ratissé deux fois par semaine par des tracteurs, le sable est plus blanc que blanc.
Pour conclure sa journée, le visiteur pourra en revanche se livrer à un dernier test, en terrasse celui-là. A bout de forces, il trouvera dans la pause crêpe un remède éprouvé par les âges.
Soïg Salaün